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« Pourquoi je stoppe l’aventure UFOmania… »

« Pourquoi je stoppe l’aventure UFOmania… »

cloture-edito-didierParce que tout a une fin, il fallait bien que ce moment tant redouté arrive un jour… Lassé par de multiples années à jongler avec différents paramètres pour publier le mag dans les délais, Didier Gomez nous explique les raisons de l’arrêt programmé du magazine au printemps 2015.

Si l’aventure UFOmania a été riche en rencontres, débats, interviews et discussions de toutes sortes et qu’au final elle a permis un tant soit peu de dégager quelques pistes de recherche, pour une meilleure compréhension des phénomènes non identifiés… alors, tant mieux car c’était l’unique objectif de Didier Gomez, son responsable de publication. 22 ans de longévité, c’est quand même peu banal pour une publication sur un sujet autant décrié que le phénomène OVNI. Voici quelques explications sur les causes de cet arrêt brutal puisque initialement la publication devait s’éteindre fin 2017…

Bref historique

Initiée en avril 1993, un peu par hasard dû à un amassement important de données (enquêtes en cours, témoignages, infos de toutes sortes…),… Didier Gomez se lance dans la publication « très amateur » de quelques pages au format A5 reprenant un aperçu des travaux qu’il mène au quotidien.

Cet Ariégois d’origine, occupe alors une fonction de guichetier dans un bureau de Poste parisien et c’est l’occasion pour lui de faire la connaissance du milieu ufologique d’Ile de France. Au début simple curieux, il se constitue peu à peu, un petit réseau de correspondants autour de lui et s’engouffre tête baissée dans ce milieu ufologique où à l’époque gravitent une bonne soixantaine de groupements ufologiques disséminés un peu partout en France et dont certains très actifs.

Jean-Luc Rivéra qu’il rencontre régulièrement est le premier à faire parler d’UFOmania magazine aux cinquièmes rencontres européennes de Lyon en 1993. A partir de là, le lectorat va peu à peu s’étoffer et augmenter assez rapidement.

En 1996, Pascal Pautrot s’allie avec Didier Gomez et fusionne son petit fanzine avec UFOmania qui s’étoffe alors davantage et bénéficie ainsi d’un carnet d’adresses supplémentaire. Très rapidement, le nombre d’abonnements monte en flèche. Cette collaboration est encore aujourd’hui effective puisque Pascal Pautrot est le webmaster du site ufomania.fr. En 2003, UFOmania est repensé pour correspondre davantage à un format magazine « classique » et à une publication qui devient alors trimestrielle avec 44 pages et couvertures en couleur. C’est le début de la collaboration avec les éditions JMG qui s’occupent jusqu’à aujourd’hui de la partie impression papier du magazine.

La structure associative planète OVNI crée en septembre 2002 a d’ores et déjà permis de faire se rencontrer divers curieux et ufologues locaux du tarn, de l’aveyron… ce petit groupe se structure et va ensuite permettre au magazine de se développer encore et encore, en organisant des réunions régulières pour ses membres. Le fait marquant de cet engouement est assurément une expédition mémorable de 7 membres de l’association aux rencontres européennes de Châlons-en-Champagne en septembre 2005 avec location d’un camion pour transporter tout le matériel de l’association (cartes des apparitions OVNI dans le Tarn, projection de DVD, enquêtes locales, interviews etc…). Une structure d’enquête voit ainsi le jour et va permettre de recueillir tout un tas de témoignages localement.

Quelques mois plus tard, la SOBEPS arrête la publication d’INFORESPACE et Michel Bougard et Patrick Ferryn communiquent le vivier d’abonnés restants à UFOmania qui agrandit encore davantage son lectorat.

A partir de 2010 et le début de la crise économique, le développement de Internet commence à peser sur le nombre des abonnements qui commence à décliner. Malgré tout, la structure mise en place permet de pérenniser la publication. Plusieurs exemplaires d’UFOmania sont envoyés gratuitement à différents organisateurs de repas ufologique mais c’est un fiasco, la grande majorité n’accusant même pas réception de cet envoi à distribuer gratuitement aux participants. Petit à petit, différentes tentatives de faire connaître un peu plus le magazine se trouvent avortées et les mailings ne trouvent pas toujours un écho favorable…

Sur les réseaux sociaux, toute l’info est disponible gratuitement pensent 99% des internautes, pourquoi alors payer un abonnement pour un magazine qu’il faut lire !

A partir de 2013, il devient urgent de relancer les abonnements, une énième campagne publicitaire est organisée mais les abonnements ne suivent décidément pas.

Un ultime mailing est envoyé par courrier à une centaine d’anciens lecteurs en avril 2014 sous forme de sondage avec très peu de réponses… en vain donc.

Sans chercher à trouver de véritable excuse à cette chute programmée et devenue inévitable, cette descente aux enfers trouve aujourd’hui une triste fin avec un nombre d’abonnements presque insignifiant. Par conséquent, rien ne sert de s’obstiner… de perdre du temps et de l’argent pour un magazine qui n’intéresse (presque) plus personne. Il est temps pour moi de stopper cette publication pour des raisons multiples que je vous expose maintenant.

1/ Des contraintes de disponibilité

La première des raisons invoquée est celle de la lassitude après plus de 25 ans à m’intéresser à l’ufologie, je pense qu’il est temps pour moi de prendre un peu de recul. La réalisation de chaque numéro d’UFOmania peut varier entre 50 et 300 heures selon les cas, répartis entre la recherche d’articles auprès de différentes auteurs, la mise en page, et sa diffusion auprès de l’entreprise de routage.

Ce temps-là, c’est du temps pris entre les activités professionnelles, familiales et sur les activités loisirs… ce qui explique toutes les difficultés rencontrées dernièrement pour publier un numéro trimestriellement…

2/ Des raison économiques

Nous avions fait le choix depuis longtemps, d’informer les principaux acteurs de l’ufologie et certains éditeurs spécialisés, responsables d’associations ou de repas ufologiques, auteurs etc… Néanmoins, autant avouer que les membres des associations sont très peu à s’être abonnés au magazine. Nous ne pouvons plus aujourd’hui nous permettre de continuer à proposer la lecture « gratuite » d’UFOmania.

La deuxième raison est la hausse des tarifs postaux au 1er janvier 2015 de 5,37%, une hausse qui nous aurait contraint à la répercuter d’autant sur le prix de l’abonnement.

Nota bene: Je reviendrai dans le n°81 sur le bilan que l’on peut dresser de l’étude ufologique depuis le début des années 50 en retraçant tout ce qu’UFOmania magazine a mis en exergue…

3/ Des raisons ufologiques

Après 22 ans de recherche assidue, il devient aussi difficile de trouver à chaque numéro des choses intéressantes à raconter et même si l’ufologie est une source inépuisable de données et de questionnements, je préfère arrêter plutôt que de faire du remplissage. Le leitmotiv d’UFOmania a toujours été de faire avancer la recherche à proprement parlé pas d’en faire une machine à fric, avec des publicités qui auraient pu financer par exemple l’impression de la revue.

Lassé aussi par l’immobilisme de certains dans le milieu ufologique, les guéguerres de clôcher pérpétuelles de certains clans qui n’ont, à mon sens, d’ufologues que le nom…

4/ De moins en moins d’abonnés

A ce jour une cinquantaine d’abonnés dont la moitié sont en fin d’abonnement avec ce numéro 80. A quoi bon continuer pour une poignée d’irréductibles (que je remercie au passage encore une fois pour leur fidélité …) et dont les abonnements ne permettent plus de financer l’impression du magazine, le publipostage et autres frais annexes (domaine internet, courriers…)

5/ De désillusions en désillusions

Tout dernièrement à l’automne 2014, deux « repreneurs » s’étaient fait connaître mais hélas, rien n’a pu se concrétiser… il est encore temps pour une association ou une personne de le faire et ainsi permettre au magazine de reprendre, qui sait ? N’est-il pas déjà trop tard ?

A l’heure où je me posais beaucoup de questions sur les lendemains du magazine, j’aurais espéré une autre porte de sortie que celle-ci mais il est encore temps pour celui qui désire poursuivre la publication de me contacter afin d’en discuter.

Remerciements

Didier Gomez tient à remercier enfin les multiples auteurs d’article qui ont permis de faire vivre durant ces 22 années le magazine en proposant des textes de grande qualité.

Certains ont été très prolifiques pour apporter des infos régulières… tels Michel Granger, Jean Sider, Franck Boitte, Bruno Bousquet, Fabrice Bonvin, Gérard Lebat, Gildas Bourdais, Thibaut Canuti, Thierry Rocher ou des ufologues étrangers comme Philip Mantle, Edoardo Russo et Vicente-Juan Ballester-Olmos… Un grand merci spécial à Jean-Michel Grandsire grâce à qui UFOmania a pu être édité au tarif imprimeur le plus bas et sans connaître d’augmentation depuis 11 ans !

La liste est longue car la plupart des ufologues actifs ont participé d’une manière ou d’une autre à la réalisation d’un ou de plusieurs numéros. Je m’excuse par avance pour toutes celles et ceux que j’aurais omis de mentionner ici.

Et maintenant ?

Le site ufomania.fr demeure toujours actif et il reste possible de commander les anciens numéros toujours disponibles. N’oublions pas non plus qu’il reste encore un numéro à paraître au printemps 2015. J’invite d’ores et déjà ceux qui le désirent à m’envoyer un article sur le thème de leur choix.

Didier Gomez, va continuer à s’intéresser à la question ufologique et se réserve le droit d’intervenir ponctuellement dans des conférences ou des publications.

Merci encore à toutes celles et ceux qui ont croisé ma route et qui ont contribué à faire vivre une fort belle aventure à UFOmania magazine, je leur en suis très reconnaissant.

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AIME MICHEL, le libre penseur et les OVNIS

AIME MICHEL, le libre penseur et les OVNIS

par Thibaut Canuti

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« Pour moi, je n’ai jamais eu, depuis mon enfance, qu’une seule et unique passion, une seule curiosité, qui est la pensée non humaine. Toutes mes recherches et toutes mes réflexions depuis l’âge de quinze ans ont ce seul objet : que peut être une pensée autre que la mienne? Et que l’on cherche bien. La pensée non humaine, selon le beau titre de Jacques Gravent, ce peut être la pensée infrahumaine, c’est-à-dire animale, ou la pensée surhumaine étudiée par les parapsychologues, ou la pensée extraterrestre.

Les bêtes, la parapsychologie, les soucoupes volantes, tous ces niveaux de pensée n’étant probablement (mais ceci est une autre histoire) que des moments d’une évolution unique et multiforme que nous parcourons en un éternel cheminement ».

Aimé Michel – Les tribulations d’un chercheur parallèle

Aimé Michel est assurément une des figures tutélaires de l’ufologie française. D’abord parce que sa pensée féconde et « hors-norme » va l’amener à s’intéresser à un ensemble de connaissances aussi hétéroclites que les M.O.C. (Mystérieux objets célestes), les phénomènes paranormaux, l’intelligence animale, de façon générale et continue, tous les ressorts de la pensée non-humaine et ce qu’il considérait comme son aboutissement, l’approche du surhumain pour paraphraser Michel Picard [2], auteur d’une remarquable hagiographie sur Michel qui recense également de nombreux articles de l’auteur publiés dans la revue « Planète » de Louis Pauwels.

Sur les ovnis, le travail de Michel sera déterminant. L’homme a tout saisi, avant tout le monde ou presque, du caractère profondément exotique de la réalité et de l’apparente incohérence du phénomène. La vague de 1954 lui donnera l’occasion de compiler un ensemble de cas qu’il inventorie, cherchant y compris dans les mathématiques et la géographie, une intelligence globale à ces manifestations. Ses longues correspondances où il donne libre cours à sa plume, comme ses innombrables articles ou ses livres, lui feront édifier un réseau d’amitié considérable qui constituera pour une part le fameux « Collège invisible » que nous évoquerons plus avant.

Né en 1919 dans un petit village des Alpes provençales, le destin d’Aimé Michel est marqué par la poliomyélite qu’il contracte en 1925. Immobile et perclus de douleurs durant ses jeunes années, il découvre déjà par la force des choses, le refuge que représente la pensée, l’imaginaire et le rêve [3].

Cette terrible expérience sera néanmoins fondatrice de ses passions intellectuelles. Sa maladie l’ayant rendu inapte à l’activité manuelle, il poursuit des études de philosophie puis obtient en 1944 le concours d’ingénieur du son. Il rejoint alors le secteur de la recherche de l’ORTF.

Son intérêt pour les ovnis date de la vague scandinave de 1946 [4]. Comme l’essentiel de l’opinion à cette époque, il est alors persuadé qu’il s’agit là de prototypes d’avions ou de fusées militaires. Plus que sceptique sur tous ces faits, y compris après la parution du livre du major Keyhoe [5], l’un des tout premiers ufologues américains, il continue de s’intéresser à tout ce qui touche à la parapsychologie, aux phénomènes ignorés ou mystérieux de la science, accumulant une documentation considérable.

Sa présence sur un reportage radiophonique consacré à la météorologie lui fait rencontrer Roger Clausse, ingénieur de la Météorologie Nationale, lequel lui transmet un dossier entier constitué de phénomènes inexplicables enregistrés par les stations météo. Les faits qui y sont mentionnés, suggèrent en tous points ceux évoqués par Keyhoe dans son livre et Aimé Michel se persuade définitivement de la réalité des ovnis. Les cas lui sont ici rapportés par des scientifiques professionnels, spécialistes en outre de l’observation des cieux et rejoignent pareillement ceux relevés par Keyhoe impliquant aussi des scientifiques.

« Je m’assois dans un coin, commençait à lire et reçus l’un des chocs de ma vie. Cette fois, il ne s’agissait plus d’articles de presse ni de livre douteux. Un peu partout, en Afrique Equatoriale, au Sahara en Amérique, en France, et même sur une base militaire proche de Paris, des techniciens de l’observation atmosphériques décrivaient exactement ce que j’avais lu dans Keyhoe… [6]».

Affecté au service Recherche de l’ORTF, il a tout loisir de rassembler tous les articles de presse parus sur le sujet et d’approfondir ses sources. A la lecture de Keyhoe, convaincu du double-langage de l’US Air Force, il tâche d’établir des contacts avec l’Armée qu’il conservera tout le long de son existence.

« [7] Mon enquête fut d’abord inspirée par une illusion dont la candeur, avec le recul des années, me paraît tout simplement navrante: je croyais que quelqu’un savait. Cette illusion, à vrai dire, je la tenais de Keyhoe lui-même, dont le livre était conçu de façon à faire croire que l’armée américaine cachait la vérité au public. Si donc l’armée américaine savait, l’armée française, son alliée, savait peut-être aussi».

C’est sur cette base qu’il agite ses réseaux et parvient à obtenir un rendez-vous avec le capitaine Clérouin, alors en charge des services de renseignement de l’Armée de l’Air sous les ordres du général Chassin et Jean Latappy, un civil, dessinateur pour la revue « Forces aériennes françaises », féru de soucoupes volantes et qui comme Michel accumule et conserve toutes les pièces du dossier ovni – Latappy contribuant notamment à l’iconographie cartographique du « Mystérieux objets célestes » de Michel-.

« [8] Je ne me rappelle ni qui arriva le premier ni comment furent faites les présentations. Ils étaient deux, en civil l’un et l’autre, le capitaine C… et M. Latappy,  » un ami ». L’un hilare, décontracté, le verbe agile et truffé de calembours. L’autre sombre, émacié, l’œil ardent, la moustache énigmatique, un authentique agent de film d’espionnage. Mais le capitaine, c’était le premier. Et en moins de cinq minutes, je compris que tout le scénario dramatique imaginé par Keyhoe n’était qu’un rêve puéril.

- Le secret militaire ? Laissez-moi rire ! dit le capitaine en faisant ce qu’il disait. Des secrets sur de petites choses, tant que vous voulez. Ceux-là, on se les cache, on se les vole, on se les vend tant bien que mal un peu partout dans le monde. Mais une chose aussi énorme que les soucoupes volantes, vous n’y pensez pas ! Pour qu’un engin, un seul, à l’état de prototype, vole comme les soucoupes sont censées le faire, il faudrait, vous le savez aussi bien que moi, une révolution de la physique. C’est déjà énorme. Toutes les révolutions scientifiques se font simultanément dans tous les pays avancés, et ce que les Américains savent, les Russes le savent aussi à très peu d’écart près, et inversement. Ne m’objectez pas la bombe atomique : la bombe ne correspondait à aucune révolution scientifique. Mais surtout, pour permettre à une seule soucoupe de s’envoler, il faudrait une révolution industrielle, l’effort de tout un pays, une véritable mobilisation des richesses, des moyens et des esprits. Sacrebleu ! C’est comme si vous parliez de monter une locomotive dans ma chambre à coucher à mon insu ».

Aimé Michel est alors persuadé que l’Armée et les autorités publiques dans leur ensemble ne dissimulent rien sur les ovnis. Cette tournure d’esprit le séparera d’ailleurs définitivement des ufologues français qui reprendront à leur compte les idées conspirationnistes importées de l’ufologie américaine.

La rencontre avec Latappy ayant encore accru ses sources, il est à la tête d’une documentation impressionnante lorsque parait en juillet 1953 son premier livre, « Lueurs sur les soucoupes volantes » [9].

Michel reste alors très ouvert sur la question et son but est de porter à la connaissance du plus large public les éléments du dossier ovni.

Evoquant ce premier livre il déclare : « Non seulement il ne prétendait pas apporter la preuve manquante, mais je me bornais à y présenter les diverses conclusions possibles sans me prononcer.

Mon mobile était, à mes yeux du moins, limpide. Puisqu’on ne pouvait rien prouver, que du moins les faits allégués soient connus. Cette modeste ambition me semblait d’une logique aussi saine que celle de la preuve préalable ». Il évoque ainsi la controverse naissante aux Etats-Unis et les cas mondiaux les plus probants, en particulier pour l’année 1952 où il dresse des comptes-rendus de cas désormais célèbres, tels que l’œuf de Draguignan, les observations d’Oloron, de Gaillac, la soucoupe du Bourget ou le cigare de Marignane. Il y promeut également la théorie du capitaine Plantier sur la propulsion « électro gravitationnelle ».

L’ambiance est alors à un certain optimisme et l’ovni semble à Michel, comme à beaucoup d’autres, intelligible à court terme puisqu’il ne faut y voir aucun secret militaire et que des scientifiques de bonne volonté se saisissent du sujet, malgré les protestations offensées de l’Union rationaliste et ses partisans. Ce premier livre est un succès et lui ouvre de nouveaux contacts comme Pierre Guérin, avec qui il se lie d’amitié. Il fait également la rencontre de Jean Cocteau, fasciné par le sujet, qui préfacera une édition ultérieure de l’ouvrage. Cocteau décrit ainsi Michel dans son journal : « [10] Je viens de recevoir la visite d’Aimé Michel (auteur du livre : Lueurs sur les soucoupes volantes). C’est un petit homme très jeune, presque rabougri, chauve et d’une intelligence rayonnante. Il va toujours plus loin que le plus loin et cela sans la moindre vague. Nous avons longuement parlé de cette aptitude nouvelle de la science à ne plus craindre ce qui la dérange ».

Cette volonté d’entreprendre enfin la recherche et de diffuser l’information sur les soucoupes dans le grand-public va être largement aidée par la vague de 1954 en France, qui va à la fois donner une matière dense et immédiate au chercheur infatigable qu’est Michel, mais susciter encore de nouvelles interrogations qu’il ne cessera plus, dès lors, d’investiguer dans tous ses aspects. L’un des problèmes que soulève la vague d’ovni de 1954, et qui n’a jamais été résolu depuis, réside selon Michel dans l’administration de la preuve scientifique dans un contexte aussi prolifique en observations singulières, diversement vérifiées et investiguées. C’est Jean Cocteau qui lui suggère alors de « chercher l’ordre dans le désordre ». C’est ce souhait de distinguer une structure unique dans les observations d’ovnis qui va le conduire à formuler la théorie de l’Orthoténie.

En 1953, Jimmy Guieu et Michel sont déjà conjointement frappés par le fait que la fréquence des observations d’ovnis est plus soutenue lors des périodes où la terre se trouve être en grande proximité avec la planète Mars. Ce constat rejoint celui de l’ingénieur canadien Wilbert Smith, sur le même point.

Cela permet à Aimé Michel d’annoncer dans un entretien à Paris-Match au printemps 1954, une vague pour la fin de l’année [11]. Sa théorie se trouve validée avec éclat par les événements en cascade de septembre et octobre. Deux années plus tard, sur la foi des mêmes arguments, Michel annonçait une vague pour l’année 1956 dans un article au « Saucerian Bulletin » [12], arguant de la proximité avec Mars et d’un déplacement progressif des vagues vers l’ouest. Il estimait donc qu’à la fin de l’année 1956, pouvait se dérouler une vague d’ovnis quelque part entre l’Europe orientale et le Moyen-Orient, sans que le fait ait été attesté aux latitudes indiquées. Michel croit voir dans les traitements statistiques par informatique de Jacques et Janine Vallée publiés dans « Les phénomènes insolites de l’espace » une validation de sa théorie des « cycles martiens » [13].

La vague de 1954 va donc offrir à Michel une matière brute de témoignages d’observations d’ovnis sans précédents en France, matière dont il est le contemporain et qu’il peut investiguer directement.

Michel l’évoque en ces termes :

« [14] Sur ces entrefaites, survint la fameuse vague d’observations de l’automne 1954. Pendant cinq semaines environ, de la mi-septembre au 20 octobre, les journaux européens jusque-là pratiquement muets sur la question se mirent à publier chaque jour des dizaines et des dizaines de récits de témoins.

En Italie, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, dans la péninsule Ibérique et naturellement en France, il ne fut pendant cette brève période question que de cela. Quelques flatteurs affirmèrent alors que la source de cette vague devait être cherchée dans mon livre, paru le printemps précédent. Hélas ! Mon livre était un four. On ne commença à le lire (peu) qu’après la fin de la vague. Et les innombrables témoins que j’interrogerai ignoraient jusqu’à mon existence, je dis en France, et à plus forte raison, à l’étranger. La vague passée, quelques amis et moi travaillâmes des mois durant à réunir tous les documents et à faire remplir des questionnaires. Vers 1956, je me trouvai ainsi à la tête d’une documentation énorme, chaotique et parfaitement délirante, dont il était impossible de tirer la moindre conclusion. Tout avait été « vu » en septembre-octobre 1954. Des objets en l’air, des échos radar, des objets en formation, des objets au sol, et même leurs pilotes ! En cent endroits, des moteurs d’auto ou de camions avaient été stoppés lors du passage en rase-mottes d’une soucoupe, des phénomènes électriques d’induction observés, de la terre arrachée au sol par un engin prenant l’air brutalement. II y avait des traces au sol, des rémanences magnétiques faisant dévier la boussole, des témoignages concordants d’observateurs éloignés les uns des autres et ne se connaissant pas. On pouvait même souvent, par exemple le 3 octobre, suivre un engin à la trace à travers la France, de témoignage en témoignage. Mais, d’un autre côté, le tout présentait un aspect si délibérément démentiel que même les chercheurs les plus blasés penchaient à donner raison au professeur Heuyer, auteur d’une retentissante communication à l’Académie de Médecine sur l’origine psychopathologique de la psychose soucoupique ».

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Livres d’Aimé Michel
1954 / 1958

Dès 1956, Michel reproduit sur une carte de France les observations de la vague de 1954, en quête de cohérences topographiques. « [15] Et c’est alors, en effet, que l’effet conjugué d’un classement des observations par date et de leur localisation sur la carte fit apparaître les premiers alignements ».

Michel va alors discerner de nombreuses lignes droites dans les observations de 1954. L’une d’entre elles est constituée de six observations entre Bayonne et Vichy, pour la seule journée du 24 septembre.

Cette « concordance » entrera dans la petite légende ufologique sous le nom de « BaVic » (pour Bayonne-Vichy). Plus troublant encore, aux intersections de ces nombreuses « lignes droites », Michel note toujours la présence d’une observation mettant en cause un grand cigare vertical et une descente d’ovni dite « en feuille morte », selon les descriptions des témoins, coïncide pareillement avec les intersections de lignes.

La théorie des lignes et l’orthoténie se trouve rassemblée dans l’enquête fouillée sur la vague de 1954 qu’il publie en 1958, « Mystérieux objets célestes » et qui structure le livre. Cette publication le rend intime de Jacques Vallée qui lui écrit. Cette théorie de l’orthoténie va connaitre une grande prospérité dans le monde entier.

Le premier à reprendre ces travaux est l’ufologue américain Alexander D. Mebane, enquêteur de terrain très actif dans les années 50 et 60, co-fondateur en 1954 et avec Isabel L. Davis, et Ted Bloecher du « Civilian Saucer Intelligence » groupe d’amateurs new-yorkais. Mebane et le CSI vont préparer et éditer la version américaine du « Mystérieux Objets Célestes » de Michel. Il y signe une longue contribution [16] où se croisent une analyse de la vague américaine de 1957 et les conclusions de Michel.

Il établira une formule mathématique établissant le nombre d’alignements de points prévisibles du seul fait du hasard dans un groupe n de points d’observations répartis au hasard. En adoptant arbitrairement une définition plus large de la ligne droite que celle initialement énoncée par Michel, il en conclut que si les alignements de trois points et une bonne part de ceux de quatre pouvaient s’expliquer par le hasard, les alignements de cinq ou six points demeurent des « anomalies » statistiques et mathématiques. Ce sont donc les observations isolées et spectaculaires, comme la fameuse ligne « BaVic » qui restent indéterminées. Il croit discerner dans les réseaux orthoténiques une « régularité » qu’il ne retrouve pas dans les alignements fortuits.

Dans les années qui suivent, de nombreux ufologues vont discerner à leur tour des réseaux orthoténiques dans les observations d’ovnis relevées sur le terrain.

Le docteur brésilien Olavo Teixeira Fontès, Christian Vogt, animateur de la Commission d’Enquête CODOVNI, de Buenos Aires (Argentine) ou l’espagnol Antonio Ribera vont alors publier des cartes qui montrent des réseaux très similaires à ceux relevés par Michel pour la vague française de 1954.

Jacques Vallée évoque cette controverse autour des probabilités que de tels réseaux soient

exclusivement hasardeux :

« [17] Commentant nos résultats, un universitaire britannique, le Dr. Michaël Davis, écrivait : « Une question évidente que de nombreux lecteurs ont du se poser est celle-ci : Quelle est la probabilité de trouver des alignements semblables à ceux présentés, en partant d’une distribution de points complètement au hasard ? »

Afin de répondre à cette question, le Dr Davis a proposé un ensemble de formules qui expriment le nombre de lignes de trois ou quatre points auxquelles on doit s’attendre du fait du hasard seul, en fonction du nombre total de points dans la distribution et de la précision demandée. Appliquées au réseau d’Afrique du Nord, ces formules donnent un résultat qui renforce l’idée que les alignements ne pourraient pas être expliqués par le hasard seul. L’idée de la valeur des alignements gagna rapidement du terrain ».

Au mois de mars et d’avril 1964, la polémique se poursuit alimentée par l’astronome Donald Menzel, reprenant les arguments de Mebane pour les alignements de 3 ou 4 points et mettant tout bonnement en doute le sérieux de Michel quant au recueil des faits. Personne n’accorde alors la moindre attention au propos malveillant de Menzel qui s’est toujours signalé par des prises de position « rationalistes » depuis 1947 et l’observation d’Arnold. Or il s’avère qu’il a raison et que Michel, en reproduisant des observations rapportées dans la presse parisienne sans les vérifier, ou en extrapolant certains éléments comme la datation, s’est lourdement trompé, rendant ainsi caduque le fleuron de son orthoténie, la fameuse ligne BaVic.

Que les admirateurs d’Aimé Michel ne voient rien d’autre, dans ces quelques lignes, qu’un portrait objectif d’un homme qui fut un penseur tous azimuts. Ces imprécisions dans la matière qui donna lieu à une théorie qui fut un temps présenté comme la preuve de la réalité des ovnis et de leur présence « coordonnée » sur Terre ne nous le rendent finalement que plus humain.

Il faut bien dire que les catalogues sur lesquels travaillent les ufologues, Michel puis Vallée et Poher plus tard, sont constitués de documents personnels, articles, coupures de presse, compte-rendu et enquêtes mais ils sont aussi le fait d’échanges généralisés entre ufologues qui se communiquent leurs fichiers. La plupart de ces cas n’ont donné lieu à aucune enquête poussée ce qui met en question le résultat de tout travail scientifique s’y référant. Comment dans ces conditions, si l’on reconnait qu’une part non-négligeable des données peut très bien être erronée, que la réalité même de l’observation ou les détails de celle-ci sont sujets à caution, entreprendre un travail statistique infaillible ?

C’est une réalité que peu d’ufologues mesurent aux premières années de l’ufologie, -pas même Michel qui élude cet aspect-, ces derniers s’efforçant d’appliquer la méthode et les outils scientifiques à un sujet qui reste encore très contesté.

En 1966, Vallée réédite l’expérience en effectuant une simulation informatique. Il découvrira un alignement de 5 points, 5 de 4 points et 20 de 3 points. Il explique plus mal les alignements de six points, les comportements des ovnis aux points d’intersection et les présences de « grands cigares » au centre de réseaux en toile d’araignées.

C’est en replongeant aux sources mêmes des observations que l’énigme va être résolue. On doit donc à l’ufologue Michel Jeantheau une contre-enquête particulièrement fouillée sur la journée du vendredi 24 septembre 1954 [18]. Recherchant trace des six observations dans la presse régionale de l’époque, il détermine que les faits rapportés par « Le parisien Libéré » ou « Paris-Presse » ont eu lieu à une autre date que celle du 24 septembre, à l’exception d’une seule observation, incertaine. La théorie orthoténique s’effondre, mais contrairement à ce qui fut longtemps avancé, pas du fait des travaux et des doutes formulés par Vallée qui n’expliquait pas l’alignement de BaVic, mais bien par Jeantheau et Sider.

Cette recherche d’un ordre dans le chaos des observations d’ovnis se poursuivra. L’orthoténie continuera longtemps d’être soutenue, sur la foi de savants calculs avant que ne lui soit substituée l’isocélie, théorie qui postulait que les observations d’ovnis se répartissaient dans des configurations en forme de triangles isocèles et qui fut à son tour rapidement invalidée.

Le 20 août 1961, après un échange de correspondances, Michel rencontre Jacques Vallée. Ce dernier fait un fidèle compte-rendu de cette première entrevue.

« [19] Cet après-midi, j’ai rencontré Aimé Michel dans son appartement au second étage d’un immeuble qui domine le parc de Vanves, juste au sud de Paris. J’ai à peine aperçu sa femme qui m’a ouvert la porte et s’est timidement enfuie dans l’obscurité du couloir, sans m’adresser la parole. Il me salua et me fit entrer dans son bureau, une chaude petite pièce avec une table surchargée de papier, des piles de livres, des articles en différentes langues et de nombreuses lettres. Des notes étaient épinglées au tissu qui couvrait les murs. Au milieu de cette masse d’informations, était un diable de bonhomme, petit et déformé, qui m’arrivait à peine à la poitrine. Pourtant il rayonnait d’une sorte de beauté inoubliable, une beauté qui venait de l’esprit et de la noblesse de ses yeux perçants ».

C’est assurément, à l’image de ce témoignage, une forte impression qu’i laissait à ses interlocuteurs, celle d’un brillant esprit, intellectuellement suractif, mais qui avait su rester accessible et qui demeurait définitivement un homme de débats, d’échanges et de doutes. Plus loin dans son journal, Vallée le décrit encore ainsi : « Aimé est un homme remarquable et dangereux. Son imagination, associée à un sens de l’humour très fin et à un cerveau puissant, l’entraîne en avant un peu trop vite ».

Son sens des réseaux et la grande respectabilité dont il jouit vont l’amener à fréquenter des scientifiques importants et proches du pouvoir, comme le physicien Yves Rocard, mais également les responsables du suivi du dossier OVNI, tels que le capitaine Clérouin et certains barbouzes qui lui confirment l’existence de cas extrêmement déroutants dans leurs archives. Il plaidera auprès d’eux pour la création d’un comité scientifique officiel. Le refus de l’Armée lui fait alors penser que les militaires, sans dissimuler pour autant quelque obscur secret, calquent leur politique sur celle de leurs homologues américains avec qui ils débattent dans les années 60, silence et désintérêt apparent.

Durant les années 60 et 70, Michel va être l’infatigable rédacteur de très nombreux articles dans des domaines aussi variés que la physique, les rêves, la parapsychologie, le mysticisme, le monde animal et les phénomènes physiques liés aux extases religieuses. Il publie dans un très grand nombre de revues parmi lesquelles, Arts, Sciences et Vie, Tout Savoir, Monde et Vie, Question de, France Catholique, Ecclésia, Archeologia (avec un article sur son village natal, Saint-Vincent les Forts), La vie des bêtes, etc. Dans le domaine de l’ufologie, il publiera notamment dans la Flying Saucer Review, Phénomènes Spatiaux, Recherches ufologiques, et appartient dès 1969 au comité rédactionnel de L.D.L.N.

Mais la rencontre avec Jacques Bergier et avec Louis Pauwels sera déterminante et Michel livrera dès lors ses textes parmi les plus importants à la revue Planète, véritable antichambre du « réalisme fantastique » [20] où publient Rémy Chauvin, Bernard Heuvelmans, Charles Noël Martin, Jean E. Charon, George Langelaan, Raymond de Becker, Gabriel Véraldi, François de Closets, Marc Gilbert, Jacques Mousseau (concepteur de l’émission télévisée Temps X), René Alleau, Henri Laborit, Jacques Lecomte et Guy Breton. Cette revue, créée en 1961 répondait au besoin unanime suscité par le succès phénoménal et inattendu du Matin des Magiciens de Bergier et Pauwels qui défrichait alors « des domaines de la connaissance à peine explorés (…) aux frontières de la science et de la tradition  [21] ». Ce livre devait être à l’origine d’une vague sans précédents d’engouement pour l’imaginaire, l’irrationnel, la parapsychologie, les extraterrestres et les civilisations disparues. Aimé Michel appartient assurément à cet âge d’or de l’esprit, aujourd’hui défunt.

En 1992, date de sa disparition, Michel déclarait modestement que tout ce dont il était certain à propos des ovnis tenait aisément sur un timbre poste. Plus de quinze années plus tard, il semble que nous en soyons toujours au même point.

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BIBLIOGRAPHIE :

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Conservateur des bibliothèques, historien de formation, Thibaut CANUTI est l’auteur de « Un fait maudit, histoire originale et phénoménologique du fait ovni » chez JMG (2007). Auteur de nombreux articles et interventions, il travaille actuellement sur l’histoire contemporaine des ovnis et de l’ufologie en France.

[2] Michel PICARD, « Aimé Michel ou la quête du surhumain », pref. de Rémy Chauvin, JMG, coll. Science Conscience, 2000.

[3] Aimé MICHEL, « Ma douloureuse et prophétique enfance », Revue « Planète », n°27, 1966.

[4] Voir dans mon livre « Un fait maudit – Histoire originale et phénoménologique du fait ovni », JMG – 2007 – pp.194-203 (« 1946 : la vague scandinave de fusées-fantômes »).

Sur le site de l’auteur : http://thibautcanuti.wifeo.com/1946--la-grande-vague-scandinave.php

[5] Donald KEYHOE, « Les Soucoupes Volantes existent », Correa – 1951. Trad de “Flying Saucers are Real” -Fawcett Publications, 1950.

[6] Aimé MICHEL, « A propos des soucoupes volantes -Mystérieux Objets Célestes », Ed. Planète, coll. « Planète présence »,1958. Trad.de «Flying saucers and the straight-line mystery», Criterion Books -1958.

[7] Aimé MICHEL, « Les tribulations d’un chercheur parallèle », Revue « Planète », n°20, Janvier-Février 1965.

[8] Ibid.

[9] Aimé MICHEL, « Lueurs sur les soucoupes volantes, Mame, 1954. Traduit “The truth about flying saucers”, Criterion Books 1956.

[10] Jean COCTEAU, « Le Passé défini ». III, 1954. Journal, texte établi et annoté par Pierre Chanel, Paris, Gallimard, 1989. p.240.

[11] Paris-Match, n°266, avril 1954.

[12] “Gray Barker’s Saucerian Bulletin” du 15 septembre1956.

[13] Jacques et Janine VALLEE, « Les phénomènes insolites de l’espace », Ed. de la table ronde, 1966. (Cf. chap. 4. Intérêt de la théorie des alignements, p.88).

[14] Aimé MICHEL, « Oui, il y a un problème soucoupes volantes ! », revue « Planète », n° 10, mai-juin 1963.

[15] Aimé MICHEL, « A propos des soucoupes volantes -Mystérieux Objets Célestes », 1958, Ibid., p.19.

[16] Alexander D. MEBANE, “The 1957 Saucer Wave in the United States”. In Aimé Michel, “Flying Saucers and the Straight-Line Mystery”, pp.233-285. New York : Criterion Books.

[17] Jacques et Janine VALLEE, « Les phénomènes insolites de l’espace », Ibid. p.91.

[18] Jean SIDER, « Le dossier 54 et l’imposture rationaliste », Ed. Ramuel, 1997. (Chap. V : Que devient BAVIC ? Ou la journée du 24 septembre 1954 revue et corrigée par Michel Jeantheau. p.135.).

[19] Jacques VALLEE, « Science interdite – Journal 1957-1969 », O.P Editions (Observatoire des Parasciences), Coll. « Documents », 1997. (1ère éd. Par « The Vallée Living Trust – 1992). Pp.52-54.

[20] Grégory GUTIEREZ, « Le discours du réalisme fantastique : la revue Planète », Mémoire de Maîtrise de Lettres Modernes Spécialisées, Université Sorbonne -Paris IV, UFR de Langue Française, 1997-1998, 133 p.

[21] PAUWELS / BERGIER, « Le matin des magiciens, Gallimard, 1960. (Préface à la première édition).

L’HYPOTHÈSE TEMPORELLE par Jean-Pierre D’HONDT

L’HYPOTHÈSE TEMPORELLE

Jean-Pierre D’HONDT

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Je ne prétend détenir la vérité, en abordant une telle hypothèse je suis conscient de m’exposer à l’erreur. Mais si en ufologie il faut être avant tout rigoureux, je crois qu’il faut être aussi parfois audacieux et imaginatif.

Certes l’idée n’est pas nouvelle. En effet il en était déjà question dans le N° 20 de la revue « Planète » de janvier 1966. Dans un article intitulé « Les tribulations d’un chercheur parallèle » Aimé Michel déclarait que c’était lors d’une conversation avec un officier du renseignement de l’armée de l’air que celui ci, en forme de boutade, suggéra que les soucoupes volantes n’étaient peut-être rien d’autre que l’humanité future visitant son passé.

Bien souvent à la lecture de livres ou d’articles consacrés à l’étude du phénomène ovni, on trouve des éléments qui semblent orientés vers cette hypothèse.

Je sais que ce n’est pas celle qui a la préférence du petit monde ufologique et ça se comprend car ce n’est pas la plus simple et ce n’est jamais qu’une hypothèse de travail de plus.

Néanmoins il s’agit là d’une étude à ne pas rejeter d’emblée sous prétexte que la science actuelle n’envisage rien de cela possible (en dehors de la science fiction). Il semble intéressant d’approfondir cette éventualité à la lueur des quelques éléments que nous avons dans ce domaine.

Tout d’abord rappelons ce que cette hypothèse suppose :

« Les ovnis seraient les véhicules des terriens du futur explorant le temps » et gardons à l’esprit que cela implique que le passé du futur se trouve être, en parti, notre présent ! Je vais me permettre de citer (en espérant ne pas trop les déformer, car retirés de leur contexte !) certains écrits de quelques grands noms de l’ufologie et parfois même de la science, pouvant, selon moi, avoir un rapport avec ce sujet, sans pour autant que les auteurs approuvent où cautionnent le moins du monde cette hypothèse.

L’ufologue astrophysicien Jacques Vallée, qui pourtant semble plutôt s’orienter vers ce qu’il nomme « une autre réalité » utilise des arguments qui peuvent être interprétés dans le cadre de l’hypothèse temporelle.

Dans son livre « Autres dimensions » on trouve ceci :

« Le phénomène ovni apparaît comme un effet inter dimensionnel qui manipule les réalités physiques hors de notre propre continuum espace-temps. »

« Les amateurs de soucoupes volantes pensent que les ovnis sont des engins venant d’autres planètes. L’explication est trop simpliste pour rendre compte de la diversité des comportements des occupants et de leurs relations avec les humains. Ce concept aurait-il le rôle de faire diversion et de masquer la nature réelle, infiniment plus complexe de la technologie qui engendre les observations ? »

« Dans l’antiquité, il s’agissait des dieux, au Moyen-âge de magiciens, au 19ème siècle d’inventeurs de génies et à notre époque de voyageurs interplanétaires. En réalité d’où viennent-ils ? Ils viennent du temps. »

« L’hypothèse extra-terrestre ne doit pas être la bonne parce qu’elle n’est pas assez étrange pour expliquer les faits. Je crois qu’il existe autour de nous un système qui transcende le temps et l’espace. »

« En étudiant le phénomène ovni, nous n’avons rien appris sur la vie extraterrestre. Nous avons par contre appris que nos concepts d’espace et de temps étaient faux, qu’une réalité plus vaste, que d’autres dimensions existaient et que le moment était venu de remettre en question notre façon de voir l’univers. »

« Le phénomène ovni fonctionne comme un système opérationnel de communications symboliques, il a une interaction avec l’espèce humaine. »

« Les ovnis font partis de l’environnement du système de contrôle de l’évolution de l’homme. Les effets ne sont pas seulement physiques, ils se ressentent sur nos croyances, sur notre vie spirituelle, sur notre histoire, notre culture. Ils sont un trait de notre passé et indéniablement, ils font partis de notre avenir. »

Dans son autre livre « Révélations » jacques Vallée conteste l’hypothèse extraterrestre en quatre points :

I) Les rencontres rapprochées sont beaucoup plus nombreuses que ne l’exigerait toute exploration physique de notre planète.

2) La morphologie humanoïde des prétendus « visiteurs » a peu de chances d’être apparue sur une autre planète, et d’un point de vue biologique elle est mal adaptée au voyage dans l’espace.

3) La présence du phénomène tout au long de notre histoire prouve que les ovnis ne constituent pas une manifestation propre à notre époque.

4) L’apparente aptitude des ovnis à manipuler l’espace et le temps suggère des hypothèses radicalement différentes de 1 ‘hypothèse extra-terrestre.

Ces réflexions d’un chercheur en ufologie de la catégorie de Jacques Vallée doivent nous interroger. Si après plusieurs décennies d’approfondissement de l’étude du phénomène, un tel chercheur parvient à ce genre de considérations, c’est qu’il s’agit bien d’une direction à ne pas négliger.

En d’autres temps, le président du GEPA et directeur de la revue « Phénomènes spatiaux », le regretté René Fouéré, s’était lui aussi investit dans cette hypothèse en écrivant un article fort bien développé dans le N° 8 de cette revue. Cet écrit, d’il y a presque quarante ans, aurait dû faire date dans l’histoire de l’ufologie, il semble pourtant être passé presque inaperçu alors qu’il comporte peut-être la bonne orientation.

De son côté Guy Tarade dans son livre « Terre planète sous contrôle » argumente également dans cette voie :

« Le phénomène est réel, il est intelligent, il n’est pas d’origine humaine, du moins humaine et présentement temporelle. »

« Toute modification de l’évolution humaine ayant eu lieu dans le passé interfère sur notre présent et agira sur notre futur. »

« Imaginons une civilisation terrestre vivant en l’an 3000 de notre temps. Les êtres qui la peupleront seront certainement capables de voyager dans le temps. Cette humanité ayant atteint le point Oméga de la connaissance pourrait chevaucher le temps. Elle remonterait dans son passé, c’est à dire notre présent et organiserait des contacts. Ces derniers seraient donc voulus et dirigés. »

« Notre évolution présente résulte de l’histoire de notre passé, histoire qui a, sans doute, été manipulée par ces chrononautes afin d’amener leur propre civilisation temporelle à la perfection. »

« Ils ont le pouvoir d’abolir les éléments spatio-temporels qui enferment les hommes actuels. Ce sont ces chrononautes qui nous inspectent et jouent avec notre destin à leur profit. »

Et Guy Tarade ajoute: « Les extraterrestres qui débarquent de leurs vaisseaux cosmiques sont laids, ils ne correspondent pas aux canons de beauté classique. Les hommes d’un lointain futur leur ressembleront. »

Cette remarque est intéressante dans le sens qu’effectivement la description des soi disant extra-terrestres qu’en donnent la plupart des témoins, correspond à un être indéniablement humanoïde, avec un corps, une tête, des membres tout comme les hommes, ce qui fait douter de la réalité des témoignages certains scientifiques qui déclarent qu’une forme de vie apparaissant sur une autre planète n’a quasiment aucune chance de nous ressembler, les probabilités d’une telle coïncidence étant presque nulle.

« Beaucoup de récits d’enlèvements comportent ce qui semble être des expérimentations génétiques. Si cela est exact, ces expériences sont menées sur des humains par une race différente dans un but apparemment d’hybridation. Alors il faut bien se rendre compte que cela dépasse les limites des possibilités théoriques en la matière.

Les généticiens soulignent l’impossibilité des croisements génétiques entre espèces différentes, à plus forte raison si celles-ci viennent d’un autre monde ou l’évolution a été forcément indépendante.

Même si par extraordinaire, nous avons une biochimie, des gènes et des séquences de codage identiques, il faudrait encore, pour être compatibles génétiquement que ces séquences soient disposées dans les chromosomes exactement au même endroit, bref, c’est une hypothèse tout à fait impossible.

Il reste l’éventualité de l’hybridation artificielle par manipulation. Mais dans ce cas, si les E.T. sont capables de modifier à leur guise les chromosomes et les gènes, ils sont à même de créer toute forme de vie et n’ont nul besoin de faire des prélèvements sur les humains. Par contre si ce sont nos descendants venus du futur, cela pourrait leur être indispensable pour qu’ils se régénèrent, éventuellement! »

« Comment les scientifiques voient-ils les extraterrestres ? »

Il y a des exobiologistes qui laissent entendre que selon un principe de convergences biologiques des espèces vivantes, il serait logique que les extraterrestres présentent une morphologie humanoïde. . .

L’astronome Hubert Reeves en dit ceci :

« Dès que, sur une planète, les températures moyennes permettent à l’eau de rester liquide, vraisemblablement, la vie va se développer. Peut-être pas sous la forme précise que nous connaissons. Il existe probablement d’autres faunes, d’autres flores, mais sans doute, pas très différent. »

« L’hypothèse de l’existence d’extraterrestres pas tellement distincts de nous se trouve ainsi posée. Les raisons en sont claires. Elles tiennent d’abord au principe d’universalité de la nature: la matière est la même partout dans l’Univers et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on a tout lieu de supposer, qu’une vie comparable s’est développée ailleurs.»

Il y a cependant, comme on l’a laissé entendre précédemment, une théorie opposée à propos de la naissance de la vie et de son évolution. Elle repose sur la thèse selon laquelle ces phénomènes sont gouvernés par une longue succession de hasards aveugles et de mutations aléatoires, la sélection se chargeant du reste.

Il en découle que les extraterrestres, s’ils existent, doivent être très différents de nous.

« Croire le contraire, affirme Carl Sagan dans son livre « Cosmic Connection », c’est faire preuve de chauvinisme: « La conviction que la vie ailleurs doit être comme la vie ici, voilà ce que j’appelle de l’anthropocentrisme ». »

Si l’on reprend la grande saga qui a présidé à l’hégémonie de l’espèce humaine, on constate à l’évidence que nous sommes issus d’une succession de hasard.

Reprenons simplement les âges préhistoriques, en utilisant la classique échelle des temps rassemblée sur 24 h. L’espèce humaine a émergée seulement vers minuit moins cinq environ et il a fallu pour cela l’émergence et la disparition d’un grand nombre d’espèces. Les mammifères n’ont dû leur essor qu’à la disparition, par météorite interposée, parait-il, des grands sauriens.

Même en admettant le nombre considérable de lieux dans le cosmos où la vie à pu se propager, il n’en reste pas moins vrai que la vie, ce n’est pas l’homme, qui lui n’est qu’un hasard et pas une nécessité, on l’oubli trop souvent.

Pour qu’une telle somme de hasards se soit reproduite en d’autres endroits de l’univers, ça nécessiterait une volonté, volonté que beaucoup considère comme évidente et certaine, mais qui demeure du domaine de la croyance, et il est évident que cela relève surtout, une fois encore de l’anthropocentrisme.

L’espèce humaine issue de la Terre doit être unique dans l’univers, ce qui bien sûr ne nuit pas à l’idée qu’au cours des temps à venir, les hommes puissent essaimer dans l’espace et peupler une multitude de planètes dans d’autres systèmes stellaires, d’où effectivement pourrait provenir les ovni, mais qui seraient bien, du fait, de lointaine origine terrestre.

A moins que l’aspect humanoïde des ufonautes ne soit un leurre revêtu par les entités fluidiques, chères à Jean Sider, puisant dans nos pensées pour se concrétiser à l’image que nous nous faisons d’êtres venus d’ailleurs.

Examinons le thème développé par Gérard Demarcq dans son livre « Les para terrestres, nos initiateurs ».

« L’auteur, professeur d’université, ayant découvert il y a une vingtaine d’années la réalité des phénomènes ufologiques, s’est posé la question: y -a-t-il d’autres mondes habités par des êtres semblables aux hommes ? Autrement dit, des extra-terrestres à notre image existent-ils ?

D’abord ouvert à la « pluralité des mondes habités » l’auteur a été amené à réfléchir sur l’évolution biologique, évolution tellement pleine de hasards successifs qu’il y a une chance de réussite de l’ordre de 1/1050 pour parvenir à l’émergence du stade humain. »

« Il y a une telle somme de diversifications décimatoires, une suite d’étapes aussi fortuites, que le moindre faux pas aurait pu mettre fin à l’aventure. Aussi Gérard Demarcq arrive à la conclusion que l’homme résulte d’une succession d’étapes tellement hasardeuses qu’il n’y aurait pas assez de planètes dans notre galaxie pour qu’un tel résultat puisse s’y trouver à l’identique. »

« L’auteur ouvre là une nouvelle vue sur l’exobiologie avec cette conséquence: Sur un bon nombre de planètes « viables » peuvent exister des formes de vie élémentaire, tels des bactéries, peut-être des amibes, mais au-delà les modèles vivants, s’ils existent, sont aléatoires et forcément très différents des productions terrestres. »

Force pour Gérard Demarcq de conclure que les extraterrestres ne peuvent être que. . . des terrestres! ».

Précisons que Gérard Demarcq ne conteste pas la possibilité d’une vie extra-terrestre, comme par exemple, Jacques Monod l’a fait dans son livre « Le hasard et la nécessité » qui avec d’autres biologistes réductionnistes, n’hésitait pas à déclarer que l’apparition de la vie résultait d’un concours de circonstances hautement improbable et du fait qu’il n’y avait de la vie que sur Terre. Non, Gérard Demarcq met fortement en doute qu’une vie semblable à l’espèce humaine ait pu apparaître ailleurs que sur Terre, il fait nettement la différence entre planète « viable » et planète « habitable ».

De son coté, le regretté paléontologue américain Stephen Jay Gould dans son ouvrage « La Vie est belle », souligne « l’énorme contingence historique » qui a présidé à l’apparition de l’homme: « Des milliers de fois, il s’en est fallu de peu pour que nous soyons purement et simplement effacés du cours de la vie. L’histoire de la planète n’en aurait pas moins poursuivit son chemin, mais sans nous ».

A la lueur des découvertes récentes des exoplanètes, la communauté scientifique, beaucoup plus frileuse sur le sujet de la vie extra-terrestre il y a encore quelques temps, semble maintenant presque unanime à considérer que la vie est un phénomène universel dès lors que les conditions favorables sont réunies.

La vie certes, mais sous quelle forme ?

Dans l’argumentation en faveur de l’hypothèse temporelle on peut aussi reprendre une partie de l’exposé qu’à fait Joël Duquesnoy, président du GERU, lors d’une réunion en 1995, citant Albert Einstein: « Les soucoupes volantes seraient des vaisseaux terriens partis de la Terre il y a des milliers d’années et dont les occupants reviendraient sur leur planète d’origine. Les entités dirigeant les ovnis seraient les terriens du futur qui viendraient explorer leur passé, c’est à dire notre présent ».

(On peu remarquer que l’on fait souvent tenir à Einstein toutes sortes de propos. A-t-il réellement évoqué cette hypothèse ?)

Mais à tout bien considérer, cette idée que les ovnis viendraient du futur, aussi stupéfiante qu’elle puisse paraître à certains, éclairerait pas mal de mystères. Les brusques apparitions et disparitions correspondraient à un basculement dans le temps. Leur observation systématique à toutes les époques du passé expliquerait parfaitement cette permanence du phénomène.

Quant à l’absence de contact direct et généralisé, elle serait parfaitement justifiée par le souci d’éviter tout paradoxe temporel. Les terriens du futur éviteraient toute action trop flagrante sur leur passé, c’est à dire notre présent, afin de ne pas modifier le futur, c’est à dire leur présent à eux.

Toutes fois un scientifique a déclaré : « qu’il ne peut y avoir de paradoxes temporels apparent, car les modifications intervenant dans le cours de l’Histoire sont incorporés dans le futur de toute éternité et ne peuvent changer en rien ce futur aux yeux de l’historien attentif ».

Dans un article intitulé « Ce que tout le monde devrait maintenant savoir » dans L.D.L.N. 373 Joël Mesnard rappelle que le phénomène se manifeste de manière à ne pas laisser de preuves, comme s’il maîtrisait à la perfection les conditions dans lesquelles il se montre et avait la capacité d’éviter chaque fois de laisser des traces susceptibles de déclencher une reconnaissance générale, irréversible de sa présence dans notre environnement.

Autre citation :

« Dans certaines rencontres du troisième type il semble que les conditions qui président au contact, soient étroitement contrôlées et programmées, que l’intelligence responsable sait de toute éternité comment tout doit se dérouler et peut ainsi insérer la manifestation des faits dans le quotidien sans interférer sur l’avenir car elle connaît les « espaces d’impunité ».

Tout cela peut sembler fantastique, pourtant il existe une forte présomption en faveur de cette hypothèse: Encore une fois répétons le, c’est le fait que ces êtres soient humanoïdes. Certes ils ne nous ressemblent que d’assez loin, mais des biologistes se sont penchés sur le problème. Ils ont établi la courbe évolutive qui nous a permis de passer de l’homme préhistorique à ce que nous sommes maintenant. Et poursuivant cette courbe, ils sont arrivés à dresser un portrait robot de ce que peut devenir l’homme dans quelques milliers d’années et ce portrait robot ressemble étrangement à la description que font les témoins des occupants des ovnis.

Cette projection évolutive de l’espèce humaine a été remarquablement traitée dans une émission de la télévision sur la cinquième chaîne le dimanche 13 avril 2003 intitulée « Vers un autre monde, comment faire survivre l’espèce humaine à des catastrophes interstellaires ».

Toutes fois, force est de constater que ce rapprochement morphologique comporte des nuances d’importances: La taille tout d’abord, les êtres en question sont, la plupart du temps, petits, ce qui, reconnaissons-le, ne va pas dans le sens de l’évolution actuelle de nos contemporains qui ont plutôt tendance à grandir, mais il s’agit ici d’un futur lointain et bien des conditions d’existence peuvent intervenir au cours des temps et modifier notre morphologie.

On souligne aussi que leur tête est volumineuse et dépourvue de cheveux, le nez et la bouche réduits à leur plus simple expression, cette dernière dépourvue de dents dans la plupart des descriptions. Ne s’exprimant que part télépathie.

On peut évidemment imaginer que ces caractéristiques: les cheveux, les dents et la communication vocale sont des éléments distinctifs propres à l’état primitif qui est encore le nôtre et dont nous nous débarrasserons au fur et à mesure de notre mutation évolutive.

Reprenons quelques citations :

Dans un article intitulé « Le ressac du futur » paru dans la revue « Inforespace », de nos collègues de Belgique on pouvait lire: « Le phénomène ovni serait une interaction du futur, qui grâce à l’initiation progressive de l’humanité nourrirait et garantirait la réalité conceptuelle et technologique de son présent. »

Ce que l’on peut exprimer plus simplement par : Les ovnis seraient les véhicules des terriens

du futur explorant, surveillant, étudiant, et influençant leur passé pour préserver, sauvegarder et régénérer leur présent.

« Lorsque des ovnis étaient observés dans le passé, c’est-à-dire dans l’antiquité ou au Moyen-âge, les pilotes de ces engins pouvaient passer pour des êtres divins, sinon célestes, du moins angéliques. Ils n’avaient pas de peine à être pris pour des créatures fantastiques. En réalité s’ils viennent du futur ce sont des êtres prenants le risque d’accélérer le développement de l’humanité en apportant aux hommes de notre temps des prémices sagement dosés d’une culture supérieure et fécondante, (sagement dosés, car attention au paradoxe de Langevin).

Utilisant des pouvoirs incompréhensibles pour nous, ces êtres du futur feraient de l’histoire un amplificateur culturel Le futur s’agrandissant lui même par réinjections dans le passé de fragments de son acquis. »

Dans son livre « Ovnis Laboratoire du futur » Michel Picard écrit que le comportement « magique » des ovnis n’est que l’expression d’une science très avancée qui se traduit par l’incursion du futur dans notre environnement.

Dans « Communion » le livre de Whitley Strieber, on trouve plusieurs réflexions que l’on peut interpréter de la façon suivante :

« Les visiteurs proviennent d’une autre dimension, voire même d’un autre Temps. Peut-être voyons-nous des voyageurs humains du Temps, déguisés en visiteurs extraterrestres, car ils veulent éviter quelque catastrophique paradoxe temporel s’ils venaient à révéler leur présence à leurs ancêtres. »

« L’étude historique a révélé que l’observation d’ovni et de petits êtres remonte à des temps très anciens. »

« Si nous avions affaire à des extraterrestres, seraient-ils vraiment demeurés là depuis des milliers d’années, sans jamais se faire connaître en tant que tel ?

Ou peut-être sont-ils arrivés récemment et ont-ils trouvé un moyen de se dissimuler, dans une mythologie humaine préexistante ?

Ou, plus extraordinaire encore, peut-être sont ils arrivés à un instant quelconque du futur, remontant dans le temps pour nous étudier ? Une étude qui nous apparaîtrait, de par notre position dans un temps séquentiel, avoir duré autant que le cours de notre histoire tout entière ».

Ces hypothèses sont intéressantes, mais il est impossible pour l’instant de n’en démontrer aucune. Elles donnent toutefois une idée de l’étendue de la gamme qui nous est offerte pour une étude plus approfondie.

Luc Mary dans son livre « Le temps manipulé », se présente en ardant défenseur de l’hypothèse temporelle et en tant qu’historien des sciences, spécialisé en astronomie, il argumente avec talent et connaissances sur les possibilités scientifiques du voyage dans le temps.

Jean-Pierre Troadec consacre un intéressant passage de son livre « Ovni le mystère subsiste » à ce déplacement dans le temps.

Etc., etc… Vous voyez que lorsqu’on rassemble bout à bout quelques-unes des réflexions de certains hommes de sciences et d’ufologues, on se rend compte que cette hypothèse peut être étayée par un certain nombre de constatations frappantes.

Avec un peu d’imagination, on peut également, dans ce cadre, reconsidérer certains témoignages que nous avons parfois quelques réticences à prendre en compte. Des récits d’«abductés » font état d’interventions médicales considérées comme des manipulations génétiques et des tentatives d’hybridation (voir le livre de John Mack « Dossier E. T. » ).

Cela peut représenter un projet de préservation des gènes de l’espèce humaine, permettant à la dite espèce d’avoir un avenir, donc un présent pour les êtres du futur si une catastrophe naturelle survenait, par exemple météoritique, où un génocide nucléaire, éliminant l’homme de la surface de la Terre.

Il pourrait s’agir aussi, et certains récits le laissent entendre, de récolter des matériaux biologiques et d’utiliser les matrices humaines contemporaines pour pallier à une dégénérescence de l’espèce au cours des temps et préserver ainsi l’avenir de ces êtres, nos lointains descendants.

Cela dit, pour le moment il est certain que dès que l’on aborde le thème des ovnis, on y associe immédiatement le mot extraterrestre! C’est l’hypothèse la plus répandue, la plus populaire, mais est-elle pour autant la bonne ?

Ses partisans, ainsi que ceux d’autres interprétations: intra terrestres, interdimentionelles, psycho sociologique etc.etc. . . la liste est loin d’être exhaustive, (Voir l’article paru dans le

revue du GERU « Ufovni » n°62 et 63 « l’ufologie dans tous ses états » ).

Ces partisans d’autres hypothèses donc, rejettent bien souvent systématiquement tous les arguments que nous venons d’énumérer pour la défense de l’hypothèse temporelle, mais n’est ce pas là adopter la même attitude que celle que nous dénonçons chez les septiques et rationalistes purs et durs !

A ce stade reprenons l’idée de départ :

Les ovnis seraient les engins spatio-temporels servant de véhicules a nos lointains descendants pour étudier et orienter subtilement leur passé. Ce serait les hommes du futur explorant le temps.

Mais à la réflexion, rien n’est exclu. Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être à la fois spatial, dimensionnel et temporel ?

En effet, nous avons la mauvaise habitude de compartimenter ces différentes conceptions, nous nous imposons des frontières alors que rien ne nous y contraint. On peut légitimement supposer que dans le futur ces frontières seront franchies et ne limiteront plus les possibilités envisageables. Lorsque sera réalisé, la maîtrise de l’espace et de l’hyper physique, la maîtrise du temps le sera vraisemblablement aussi. Ce qui implique la reconnaissance d’autres dimensions, spatiales, parallèles et temporelles.

Les hommes du futur auront exploré, conquit ces autres univers.

Donc les intrusions que nous constatons dans notre environnement spatial actuel peuvent très bien avoir pour origine ces différentes dimensions, qui, en des temps très en avant du nôtre, n’en feront plus qu’une.

En résumé, il n’y aurait pas d’incompatibilité à penser que les ovnis viennent :

- D’autres planètes, car ces dernières auront été colonisées par les hommes du futur.

- D’univers parallèles, suites aux découvertes réalisées par la physique de demain.

- Tout en étant d’origine temporelle, puisque ces avancées scientifiques se feront dans l’avenir.

A cette époque, très certainement lointaine, les hommes où leurs descendants qui n’auront

peut-être plus que de lointains rapports avec ce que nous sommes actuellement, les « homo futurus » donc, auront accédés à une civilisation de type III selon la classification du physicien Michio Kaku, tel que défini dans son livre « Vision », c’est à dire qu’ils auront conquis les galaxies de notre univers, découvert et exploré d’autres univers dimensionnels et surtout ils auront maîtrisé le temps.

Bien entendu, Il s’agit là d’une projection très optimiste de notre avenir. Avenir qui serait bien réel si l’hypothèse temporelle était la bonne.

On doit évidemment avoir conscience que ces propos reposent davantage sur que sur l’investigation, qui doit pourtant demeurer le premier outil de la recherche ufologique.

Mais Einstein, (encore lui !) ne disait-il pas qu’en science l’imagination est parfois plus importante que la connaissance ?

Néanmoins, répétons le, en raison de certains témoignages comportant la description de la morphologie et du comportement des êtres humanoïdes vu à proximité des ovnis, nous pensons qu’il y a là des éléments à prendre en compte.

Maintenant soyons réaliste et faisons preuve d’humilité, car il est évident que nous ne sommes sûrs de rien. En l’état actuel du dossier tout reste possible et nos idées d’aujourd’hui n’auront, sans doute, plus cours dans les prochaines décennies. D’autres idées, bien plus extraordinaires encore, surgiront.

Peut-être alors aurons-nous l’explication de ce qui se cache sous cette formidable énigme que représente le phénomène ovni.

A moins que cette vérité reste à jamais indiscernable à nos sens limités. . .

Jean-Pierre D’Hondt

Pour présenter cet article, je me suis abondamment inspiré des écrits de divers auteurs et ufologues. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas, car si j’utilise leurs propos c’est évidemment parce que ceux-ci me semblent particulièrement crédibles et pertinents pour illustrer cette hypothèse même si celle ci n’est pas défendu, ni même admise par les dits auteurs.

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D’HONDT Jean-Pierre

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Système de Classification et d’Indicateurs de Fiabilité pour l’Étude des OVNI

Système de Classification et d’Indicateurs de Fiabilité pour l’Étude des OVNI

par Jacques Vallée (UFOmania N°52)

Nda : Une première version de cet article est parue dans mon livre Confrontations (New York : Ballantine, 1990 et Paris: Laffont). Le premier système que nous avons développé en France était décrit dans Challenge to Science (avec Janine Vallée comme co-auteur, Chicago: Regnery, 1966) qui fut d’abord publié en français sous le titre Les Phénomènes Insolites de l’Espace (Paris: La Table Ronde, 1965).

Jacques-vallee

Confronté à des centaines ou même des milliers de rapports concernant des phénomènes aériens non-identifiés, aucun chercheur sérieux ne peut entreprendre une étude ou avancer une hypothèse quelconque avant d’analyser les éléments cachés au sein de ces documents.

Les modèles (« patterns ») ne se révèlent que lorsque les comptes rendus des témoins sont classés dans des catégories générales dont la fréquence et la répétition peuvent alors servir de support à des études d’ordre statistique. C’est un travail qui prend du temps et exige beaucoup de rigueur, ce qui explique pourquoi si peu d’organismes de recherche se sont donné la peine de l’entreprendre.

Dans notre propre activité sur ces sujets, nous utilisons de tels systèmes de classification depuis de nombreuses années, à partir de données très variées. Nous avons tiré les leçons de nos premières erreurs et cet effort nous a conduit à proposer le présent dispositif, fondé sur les comportements des phénomènes. Le but de la présente contribution est de clarifier ce système et son utilisation pratique.

Historique

Tout système de classification concernant un rapport qui contient des données non conventionnelles doit partir de la description du comportement observé du phénomène plutôt que de se baser sur une caractéristique de nature subjective, liée à l’observateur. En même temps, le système de classification doit être à même de permettre la mise à l’épreuve d’hypothèses émises aussi bien par des chercheurs venant d’une position « sceptiques », que par celles des « croyants », si l’on s’en tient pour simplifier aux deux interprétations les plus répandues des phénomènes en question. Il ne doit pas présupposer une théorie particulière.

À ma connaissance, le premier système de classification de cette nature qui ait été appliqué au phénomène OVNI a pour origine mon propre travail sur la question, dès 1961 et 1962, avec Aimé Michel et le Dr. Pierre Guérin à Paris. J’avais proposé de répartir les vastes collections de rapports d’origine française -- notamment ceux de la vague de 1954 – en quatre catégories principales. Brièvement récapitulées, elles constituaient la typologie suivante :

Le TYPE I, qui était divisé en trois sous-groupes, regroupait les rapports d’« atterrissages », que le Dr. J. Allen Hynek devait rebaptiser plus tard  « rencontres rapprochées ». Il est sans doute difficile pour le lecteur moderne de se rendre compte que jusqu’à la fin des années soixante, l’étude américaine des ovnis ne tenait pas compte de tels rapports. Parmi les principales organisations civiles, seul l’APRO, dirigé par Jim et Coral Lorenzen, admettait pleinement leur réalité. Le Projet Livre Bleu (Blue Book) de l’Armée de l’air classait automatiquement ces rapports dans les « dossiers psychologiques ». Le NICAP du Major Keyhoe craignait de perdre sa crédibilité s’il reconnaissait l’existence de ces cas.

TYPE II : Ces rapports concernaient les observations de grands nuages en forme de cigare, si répandus en Europe en 1954 et dont le rôle apparent dans le développement de vagues majeures avait été indiqué par Aimé Michel. De tels rapports sont devenus rares par la suite et il n’y a plus de justification pour maintenir cette catégorie.

TYPE III : Ces rapports concernaient des phénomènes qui avaient manifesté une discontinuité dans leur trajectoire; ils s’arrêtaient sur place ou planaient, ou encore se dirigeaient vers le sol avec le mouvement d’une feuille morte, avant de reprendre leur vol. Certains objets exécutaient une manœuvre qui permettait de repérer un point spécifique dans l’espace et le temps. C’était important pour nous à l’époque, parce que nous cherchions à développer un catalogue avec longitudes et latitudes enregistrées avec autant de précision que possible.

TYPE IV : Nous avions regroupé dans cette catégorie tous les cas d’objets en vol continu.

Cette classification a servi son but pendant de nombreuses années. Elle nous a permis de découvrir des modèles spécifiques en termes de temps et d’espace en fonction de divers types de comportements, notamment « la loi des temps », selon laquelle se répartissent les rapports d’atterrissages.

La classification d’ Hynek

En 1972, sur la base du travail que nous avions réalisé ensemble à partir de 1963, Hynek élargit ma classification précédente en proposant (Dans son ouvrage désormais classique The Ufo Experience, Chicago: Regnery, 1975.) de diviser tous les rapports en deux groupes : les observations à courte portée correspondant au « Type I » et qu’il a appelé « Rencontres Rapprochées » (terme plus tard immortalisé par Steven Spielberg), et les cas d’ objets observés à distance, qu’il divisa en trois catégories :

NL pour Lumières Nocturnes (Nighty Lights)

DD pour Disques vus de jour (Day Disc)

RV pour « Radar – Visuel » (Radar Visual)

Hynek était bien conscient que ces divisions étaient arbitraires. Il avait noté que ces catégories « ne peuvent pas être mutuellement exclusives. » La contribution majeure de la classification d’Hynek était la clarté avec laquelle « les atterrissages » étaient désormais définis :

CE1 était la classe d’objets vus sur le sol ou au voisinage du sol.

CE2 était la classe de rapports où des effets physiques ou des traces étaient notés.

CE3 était la classe de rapports où « des occupants » ou  » entités » étaient présents, catégorie dont il excluait les revendications de contacts répétés.

Ces définitions ont résisté à l’épreuve du temps. Ces dernières années une nouvelle catégorie a été inventée. Sous le nom de CE4, elle englobe les rapports d’enlèvements, c’est-à-dire ceux où les témoins revendiquent non seulement d’avoir vu des occupants mais d’avoir eu des interactions avec eux à l’intérieur de leur véhicule ou objet volant. Plutôt que prendre un enlèvement comme référent, nous préférons utiliser le terme plus général de « transformation de réalité ».

Des complications sérieuses se présentent quand on essaye d’utiliser les catégories d’Hynek concernant les lumières nocturnes, des disques vus de jour et les cas radar-visuels, particulièrement quand la sélection est appliquée à une base de données informatisée, comme cela doit être la procédure dans tout effort sophistiqué pour attaquer le problème. Non seulement on rencontre un chevauchement de catégories (un « disque » à la lumière du jour peut aussi être suivi à la trace sur le radar, par exemple) mais beaucoup de rapports ne peuvent être placés dans aucune de ces catégories : qu’arrive-t-il si on voit un objet la nuit, qui n’émet pas de lumière propre ? Ou quand un objet vu dans la journée n’a pas la forme d’un disque ? Comment classe-t-on les rapports d’objets vus au crépuscule ou à l’aube ? Ou les cas radar non accompagnés d’une observation visuelle ?

Le travail que nous avons mené ces dernières années en traitant en parallèle quatre catalogues informatiques nous a conduit à suggérer une solution pratique de ce problème.

Un Système de Classification basé sur le comportement du phénomène

Le défaut majeur des systèmes de classification précédents est qu’ils prenaient comme point de départ l’observateur. Or sa position est arbitraire et subjective. Nous préférons nous intéresser à la description du comportement du phénomène dont on peut tirer des conclusions importantes en termes de modèles. Autrement dit, il est certes intéressant de savoir qu’un témoin particulier a décrit un disque tandis qu’un autre a vu un triangle ou un carré, mais c’est une description purement subjective qui est fonction de l’observateur, non pas un attribut comportemental du phénomène : le « disque » vu par un témoin peut être « boule de lumière » pour un autre. Il est plus approprié de s’appuyer sur des faits plus stables, comme une discontinuité dans le vol de l’objet ou sa présence au sol, descriptions pour lesquelles les rapports présentent un accord plus cohérent.

Un autre défaut des systèmes existants est leur complexité : ils exigent la référence constante à des nomenclatures de codage comprenant des définitions excessivement détaillées qui prennent beaucoup de temps et prédisposent aux erreurs. Certains codes font une centaine de pages !

Afin d’englober la gamme complète des phénomènes que l’on rencontre dans les rapports des témoins, il est important de constater que ce que la plupart des gens appellent « OVNI » se rapproche de manière significative d’autres types d’anomalies. C’est la règle plutôt que l’exception, de découvrir que l’observation d’un objet volant a été précédée ou suivie par d’autres phénomènes inhabituels qui n’impliquent pas la présence d’objets structurés. C’est pourquoi je trouve utile de commencer par une classification des anomalies parallèle à la classification qu’Hynek appliquait aux seules rencontres rapprochées :

AN1 regroupe des anomalies telles que des lumières amorphes ou des explosions aériennes inexpliquées, qui n’ont pas d’effets physiques durables.

AN2 rassemble les rapports qui impliquent des effets physiques durables, comme des phénomènes de poltergeist, des photographies anormales, des effets inexpliqués sur la végétation ou des « apports ».

AN3 Ces cas contiennent des anomalies associées à des entités. Cela pourrait impliquer des « présences » de fantômes, de yétis et autres cas de cryptozoologie, ou même ces manifestations que la littérature paranormale appelle des elfes ou des « esprits ».

AN4 désigne les rapports dans lesquels les témoins décrivent une interaction personnelle avec des entités dans la réalité de ces entités elles-mêmes. Cela inclut des expériences de NDE (« near-death experience »), des revendications de visions religieuses et certains cas d’expériences « hors du corps ».squels des blessures anormales ou des décès sont constatés, ainsi que des pathologies non expliquées ou des phénomènes de combustion spontanée, ainsi que (à l’inverse) les revendications de guérisons permanentes.

Nous en venons maintenant aux rapports d’ OVNI eux-mêmes, que je diviserai, après Allen Hynek, en rencontres rapprochées et témoins éloignés.

Je ne vois aucune raison de changer quoi que ce soit à la classification des rencontres rapprochées dans l’actuelle formulation, de CE1 à CE4, bien que le Dr. Hynek ne soit pas responsable pour la création de la catégorie CE4, car il avait des réserves sur cette extension de son travail.

Au cours de ces dernières années le besoin a surgi pour une nouvelle catégorie, CE5, qui englobe les cas de rencontres rapprochées dans lesquelles les témoins ont subi une blessure permanente ou d’autres effets physiologiques ou pathologiques.

Les témoignages éloignés sont classifiés ici selon le comportement apparent de l’objet sous deux catégories générales, à savoir MA pour  » manœuvre  » et FB pour  » vol continu « . Dans ces catégories, les définitions suivent celles des rencontres rapprochées :

Manœuvres

MA1 rassemble les observations qui impliquent un objet avec une trajectoire discontinue comme une descente, une boucle, un arrêt de mouvement, ou une évolution locale.

MA2 inclut les cas qui provoquent des effets physiques en plus d’une discontinuité dans la trajectoire. Ainsi, il existe un rapport français officiel du GEPAN qui décrit un objet qui s’est approché de la photocellule d’une ville (Gujan-Mestras), déclenchant une extinction du système d’éclairage des rues.

MA3 contient les cas d’objets avec des trajectoires discontinues quand des êtres sont observés

MA4 couvre les cas de manœuvres accompagnées par un sentiment de transformation de réalité pour le témoin.

MA5 rassemble les rapports d’effets physiologiques ou pathologiques, de blessures permanentes ou de décès, liés à la présence d’un objet manœuvrant dans le ciel.

Flybys

On pourrait traduire « flyby » par « défilé aérien » ou « vol continu ».

FB1 est une simple observation d’un objet non identifié dans le ciel, passant sans discontinuité. C’est la catégorie la plus fréquemment représentée.

FB2 implique les cas de vol aérien avec évidence physique, comme une localisation enregistrée d’un son ou une image radar.

FB3 Ce sont les cas de défilés aériens où le rapport concernant un objet est accompagné par l’observation d’êtres à bord. Bien que rares, ce type de témoignages est parfois rapporté.

FB4 représente un vol aérien continu dont le rapport évoque une connexion avec le témoin qui ressent une transformation de sa réalité.

FB5 rassemble les cas où les témoins d’un vol aérien subissent des blessures sérieuses, comme dans le célèbre incident médical de l’affaire « Cash-Landrum » bien documentée, près de Houston au Texas : Deux femmes et un enfant furent grièvement blessés par les radiations émises par un objet inconnu, très brillant, qui les a survolés en vol continu.

Ces quatre catégories majeures, avec leurs cinq variantes, définissent un système très simple de 20 codes aisément mémorisables qui permettent de traiter statistiquement les données, puisqu’ il existe un très petit chevauchement possible parmi les catégories.

L’Estimation de Crédibilité SVP

Nul système de classification n’est complet sans la faculté d’associer une crédibilité, un  « poids » ou cote de valeur à une observation, comme on le fait dans toute expérience scientifique. Bien qu’une telle procédure soit partie intégrante de toute évaluation intelligente, les chercheurs sur les OVNI se donnent rarement la peine de l’appliquer comme support de leur travail. (une exception notable est « l’indice de qualité » proposé par les chercheurs espagnols Ballester-Olmos et Guasp, mais il est trop détaillé pour être utilisé pratiquement sur de grandes bases de données.) Le système doit être assez simple pour être rapidement mis en œuvre, avec assez de valeur mnémonique pour le fiabiliser sans qu’il soit nécessaire de se référer à une épaisse nomenclature de codes.

Dans notre propre travail nous utilisons un simple code à trois chiffres pour indiquer le poids d’un rapport. Chacun des trois chiffres a une valeur de zéro à quatre, comme suit :

Le premier chiffre, « S » indique la fiabilité de la source :

0 est utilisé pour une source inconnue, ou non fiable

1 pour un rapport attribué à une source de fiabilité non calibrée

2 pour une source crédible, mais de seconde main

3 pour une source crédible , de première main

4 dénote un entretien personnel avec le témoin, par une source de fiabilité démontrée.

Le deuxième chiffre, « V » indique si une visite de site a eu lieu :

0 est utilisé quand aucune visite de site n’a eu lieu, ou quand la réponse est inconnue

1 indique une visite par une personne occasionnelle, peu familière avec de tels phénomènes

2 marque une visite du site par une personne familiarisée avec la gamme des phénomènes

3 est une visite de site par un enquêteur fiable avec quelque expérience

4 indique une visite de site par un analyste qualifié

Le troisième chiffre, « P » indique la probabilité d’explications naturelles :

0  est utilisé quand les données sont compatibles avec une ou plusieurs causes naturelles

1  signifie qu’une explication naturelle exigerait seulement une légère modification des données.

2  signifie qu’une explication naturelle exigerait le changement complet d’un paramètre

3 signifie qu’une explication naturelle exige le changement radical de plusieurs paramètres

4 signifie que les données ne sont compatibles avec aucune explication naturelle

Ainsi une évaluation de 222 ou supérieure (c’est-à-dire que chacun des trois chiffres est 2 ou plus haut) indique un événement rapporté par une source fiable, pour lequel une visite de site a été faite et où une explication naturelle exigerait le changement radical d’au moins un paramètre.

Équipé des codes de fiabilité et de la classification décrite ci-dessus, il est possible de commencer à tirer le sens des modèles qui émergent de la masse des rapports sur des phénomènes aériens inhabituels.

Ce système est actuellement utilisé dans tous nos catalogues. Il a aussi été mis en pratique par plusieurs études externes majeures, notamment par le CUFOS dans leur catalogue UFOCAT, par l’Institut National pour la Science et la Découverte (NIDS) dans sa base de données privée et par l’étude française concernant des pilotes témoins, conduite par M. Dominique Weinstein, dans ses communications avec le GEIPAN (Groupe d’Etudes et d’Information sur les Phénomènes Aériens Non-identifiés) en connexion avec le CNES à Paris. Ainsi on peut espérer commencer à comparer des données statistiques grâce à l’indexation entre plusieurs bases de données. Ce serait une première étape significative vers la coopération internationale dans l’étude de phénomènes qui continuent de poser une véritable énigme scientifique.

Livres-JacquesVallee

Jacques Vallée - San Francisco, Avril 2007

BIOGRAPHIE

Site officiel de Jacques Vallée

Traduction : Franck Boitte

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