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Christian Morgenthaler, responsable de SPICA

Christian Morgenthaler, responsable de SPICA, association ufologique alsacienne.

Interviewé aux Rencontres Ufologiques de Châlons-en-Champagne en 2005

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1. Christian Morgenthaler vous êtes le responsable de l’association SPICA. Pouvez-vous nous décrire l’essentiel de vos activités ?

De nos jours, il est important de connaître et comprendre l’univers dans lequel nous évoluons. Il est également primordial de disposer d’une information sérieuse, objective, complète et vérifiée.

Les buts principaux de l’association sont d’offrir à ses membres la possibilité de pratiquer à tous les niveaux de compétence l’ufologie, l’astronomie, l’aéronautique, la météorologie et la conquête spatiale.

Au sein de l’association, chaque membre peut participer aux activités qu’il désire, que ce soit une seule, ou toutes. Si ont veut classer les activités par ordre d’importance suivant l’intérêt des membres, ont peut mettre l’ufologie largement en tête, puis l’astronomie, suivi par l’aéronautique, l’astronautique et pour finir la météorologie.

En pratique, au niveau de l’ufologie les occupations principales sont naturellement les enquêtes et les réunions permettant de les analyser. Naturellement derrière tout ceci il y a l’élaboration des dossiers, les recherches d’archives etc.. Il va sans dire que les autres thèmes de l’association ne sont pas traités à fond comme l’ufologie. SPICA n’a pas pour but de remplacer les associations spécialisées dans ces domaines. Je prend pour exemple l’astronomie, nous n’allons pas, comme les astronomes faire des calculs, construire des télescopes, faire des observations précises, ou nous spécialiser dans la photographie. Pour les membres de SPICA c’est principalement de connaître le ciel, de s’y repérer, de connaître ce qu’on observe, et naturellement de savoir placer et manipuler un télescope. Ceci se traduira principalement par des soirées d’observation, ou se mélangeront pratique et explications théoriques. Les autres thèmes pour le moment sont principalement de l’apport d’informations, soit lors des réunions, soit par l’intermédiaire de notre revue.

Naturellement chaque membre peut y apporter sa connaissance, peut y proposer de nouvelles activités et peut, s’il le désire, aller plus loin. Nous n’allons pas interdire, à un membre, de construire sont propre télescope, même si ce n’est pas un but de l’association, cette dernière pourra le conseiller et même l’aider.   

2. Quel est votre parcours ? Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’ufologie ?

Comme j’aime le dire, c’est de la faute de mon épouse. En 1976, elle m’a demandé de prendre un livre pour moi. J’étais un très mauvais lecteur, j’ai choisi un livre sur les OVNI, j’avais vaguement entendu parler de ces événements dans la presse. Comme tout nouveau livre on jette un œil, on lit quelques lignes. Le soir même le livre était lu, et le lendemain je suis sorti d’une librairie avec deux autres livres, une passion était née. Suite aux différentes informations, je me suis inscrit dans une association, LDLN, mais je ne savais pas ce qu’il fallait faire. Ce n’est qu’en 1983 qu’un membre de LDLN a emménagé dans le Bas-Rhin et qu’il a pris contact avec moi, la délégation OVNI Nord Alsace est née et notre groupe a grandi, en 1989 j’ai pris la responsabilité de la délégation.

En 1990, suite à une mésentente entre LDLN et notre équipe, nous avons pris la décision de nous rallier à SOS OVNI, on m’a demandé de prendre la responsabilité de la délégation Nord-est. Là encore, notre groupe a évolué et plusieurs nouveaux membres nous ont rejoint.

En 2000, certains signes nous ont fait comprendre que SOS OVNI n’allait pas bien, et qu’il devait y avoir des problèmes.

Nous étions une bonne équipe, pas seulement une délégation, mais plus, un groupe de bons amis.

Nous avions fait un bon travail et il était dommage de tout jeter, d’abandonner, de laisser tomber quelque chose qui nous passionnait. Cette nouvelle déception m’avait fait penser à tout arrêter. Mais le groupe de copains était là et nous avons décidé de continuer et de créer notre propre association.

SPICA est née en mars 2001 et continu de grandir.

3. Quelles sont les deux ou trois affaires alsaciennes qui vous semblent les plus déroutantes ?

Naturellement il y en a plusieurs, mais je vais prendre les deux dernières.

Celle du 21 août 2002 où un triangle d’une envergure d’environ 110m a traversé la ville de Strasbourg en plein centre et où nous avons pu suivre son itinéraire jusqu’à Erstein où il a disparu. Cet itinéraire a pu être établi grâce à plus de trente témoignages. (SPICANEWS 3)

Le deuxième cas et celui de Betschdorf, au Nord de Strasbourg, le 15 mars 2005, ou un témoin a observé un phénomène assez insolite, avec une forme assez précise que nous n’avions jamais vu dans d’autres témoignages. (SPICANEWS 8)

4. En qualité de responsable d’association, quelle est la priorité de votre travail au sein de SPICA ?

Malheureusement, le travail d’un président d’association comprend beaucoup d’administratif, je regrette souvent les moments où je ne faisais que des enquêtes, bien que j’en fais encore.

Naturellement, dans une association, le responsable est également le point central où arrive toutes les informations, qui doivent être retransmis aux responsables d’activités ou aux membres. C’est aussi les différentes relations qui sont nécessaires à l’association, que ce soit les médias, les institutions scientifiques qui nous sont nécessaires dans nos recherches. Naturellement il doit aussi participer à tous les activités et animations qui sont organisé par SPICA, et représenter SPICA dans des rencontres avec d’autres associations nationales ou internationales. D’ailleurs SPICA rencontre tous les ans les ufologues allemands lors des « Tagugens de Cröeffelbach », rencontre entre diverses associations allemandes (CENAP et GEP, mais aussi des membres MUFON et d’autres).

Le rôle du responsable d’association est également le développement de celle-ci. Ceci passe par la réception de nombreux appels de personnes venant s’informer, mais aussi par de nombreux curieux.

Et comme c’est arrivé en novembre 2006, par la création d’une association qui voulait être reliée à SPICA, et qui est devenue SPICA Champagne.

5. Le phénomène OVNI est complexe, quelles sont les quelques pistes de recherche que vous privilégiez ?

Au sein de notre association nous privilégions principalement l’enquête sur le terrain. Nous pensons qu’il n’est pas possible de faire une bonne investigation si on ne connaît pas le lieu, les us et coutumes. De ce fait, nous ne comprenons pas les recherches qui sont faites par des ufologues qui ne quittent pas leur bureau, ou leur ordinateur. Il est possible avec l’expérience de donner quelques points de vue, quelques idées de recherches à des collègues qui sont sur le secteur, mais la priorité pour nous doit rester le terrain.

Naturellement par la suite, c’est de rechercher les données astronomiques, météorologiques et aéronautiques. Dans la plupart des cas, ces données permettent d’identifier le phénomène qui nous été signalé. Par la suite, les cas peuvent nécessiter des recherches spécifiques, je pense à cette enquête avec photo que nous avions sur Metz (57) où l’explication de la photo est passé par des recherches auprès du musée zoologique qui nous a apporté l’identification du phénomène photographié, une luciole.

6. Comment expliquez-vous que la recherche ufologique française soit aussi moribonde alors qu’en 1954 s’est produite une formidable vague d’observations qui aurait du susciter un intérêt de la part du grand public ? Spica a recensé (x) associations ou groupements ufologiques en France, pourquoi à votre avis y-a-t il autant de groupuscules dans notre pays et pas de réelle organisation centralisatrice ?

Je ne pense pas que l’ufologie française soit moribonde, je crois qu’il y a beaucoup de chercheurs de très bon niveau, malheureusement il y a énormément d’individualisme. Chacun veut tirer la couverture à soit, veut conserver sa petite trouvaille pour lui. SPICA avait proposé une charte pour pouvoir regrouper les associations, tout en laissant leur indépendance, mais il n’y eu aucun retour.

Ceci nous cause également des problèmes dans la recherche, individuellement, ou une petite association, on n’a pas de poids pour avoir des informations officielles, si ce n’est par le biais de portes secondaires. Je vois par exemple nos collègues allemands, ils ont deux ou trois grosses associations. Même les services de police communiquent leurs coordonnées dans le cas où un témoin se présente à eux. Lors d’une enquête, je leur avais demandé une information sur un éventuelle atterrissage d’avion sur un aéroport allemand, il ne me manqué que les coordonnées de la femme du pilote. En France, j’avais fait la même demande, j’ai passé une heure à la gendarmerie de l’air et des frontières pour connaître les raisons de ma demande, pourtant c’était dans le courrier.

N’aurions nous pas plus de poids si nous faisions un collectif ?

Je ne pense pas que les grandes vagues modifieraient quelque chose, les grandes vagues apporteront encore plus de chercheurs individuels, plus de membres dans les associations, mais ces personnes n’ont pas l’expérience nécessaire pour faire de bonnes enquêtes et elles disparaissent dès que la vague est passée. C’est aussi la raison de la disparition des associations, plus ou peu de phénomènes, l’association n’a plus d’activité et de ce fait disparaît. C’est également une de nos analyses lors de la création de SPICA, plus de phénomène, reste l’astronomie, la météorologie, l’aéronautique, de nouveau phénomènes se présentent, des équipes ayant de l’expérience sont là.

7. le CNES vient de mettre en ligne (Internet) plus de 3000 rapports de gendarmerie. Que pensez-vous de ce genre d’initiative ? Cela va-t-il changer quelque chose à la recherche en France ?

Je crois que l’initiative est très intéressante, mais je ne pense pas que ceci va changer quelque chose dans la recherche française. Il faudra voir à l’usage, voir ce qui va être mis en ligne, voir ce que nous pourrons utiliser pour compléter nos dossiers.

8. UFOmania mag tente depuis 14 ans d’informer son lectorat… quels sont à votre avis les points à développer, ceux à conforter et les pièges à éviter ???

Pour moi tous les points d’un magazine sont importants, à partir du moment qu’elle reste dans le domaine que c’est fixé la rédaction, ou l’association qui l’édite.

Je prend l’exemple de SPICANEWS, nous avons pris pour objectif que les articles soient ceux des membres de SPICA, tant pis pour les tournures de phrases, tant pis si ce n’est pas écrit dans un langage journaliste, avec de belles phrases dignes de la faculté des lettres, le principale est, que le texte viennent du font de cœur de celui qui l’a écrit, qu’il viennent de ses tripes. Et si dans un texte ont perçoit l’accent alsacien, dans l’autre celui de la Bretagne ou du Midi-Pyrénées, la revue ne représentera que plus la vie associative.

Et pour ce qui concerne les pièges, je crois qu’actuellement en France ont a souvent la critique facile, et parfois sur le Net, ses critiques vont jusqu’aux insultes. Chacun a ses idées, ses opinions, ses connaissances, pourquoi critiquer ou insulter quelqu’un si on n’est pas du même avis. Ne serait il pas plus simple d’avoir un échange d’idées, l’un peut faire progresser l’autre, et vis versa. Je crois que c’est le plus grand piège.

9. Êtes-vous favorable à davantage d’échanges inter groupements ?

La réponse est déjà dans la réponse à une question précédente, oui je suis pour davantage d’échange entre les chercheurs ufologiques, entre les associations, naturellement ci ces dernières font un travail sérieux. Il va de soit que je ne voudrais pas avoir un partenariat avec une groupe sectaire, et je peux y rajouter à ma voix celles des membres du conseil d’administration de SPICA, ce thème a déjà été discuté lors d’une de nos réunions.

10. Quels sont les livres sur le sujet qui vous semblent incontournables ?

Tous les livres ont un intérêt, chacun y trouvera le sien. Pour certains se sera un livre facile à lire, pour d’autre un livre hautement technique, le troisième ne sera intéressé que par un sujet précis et d’autres ne voudrons qu’un livre de vulgarisation, un de ceux qui m’a amené à l’ufologie. Alors incontournable, il n’y en a aucun, incontournable ils le sont tous à partir du moment où ils restent objectifs.

11. Contrairement aux adhésions des associations ou des revues qui restent minoritaires, l’activité OVNI sur Internet bat son plein avec une multitude de sites et de forums où l’on parle du sujet OVNI. Comment expliquez-vous ce comportement ?

Je pense que ceci revient de nouveau sur une question précédente, l’individualisme et l’ufologie faite derrière un ordinateur. A chacun son choix, mais dommage pour la belle ufologie que nous avons connu dans les années 70 à 90. C’est peut-être a nous, associations, de montrer le chemin, peut-être en passant par un échange inter groupements !

Nous pensions que l’Internet allait apporter plus de faciliter pour rencontrer des témoins de phénomènes, pourtant c’est le contraire, de nombreuses personnes signale un phénomène, mais impossible dans de nombreux cas d’avoir plus d’informations, souvent le message revient, l’adresse n’existe pas. Alors vrai témoin ou faux témoin ?

12. quels sont vos projets pour 2007 ?

Cette année 2007 sera plutôt une année pour fortifier les assises de l’association, notre association étant devenue une association mère, il est avant tout nécessaire de bien mettre en place cette nouvelle organisation. Naturellement c’est aussi le fait de faire connaître notre association, principalement au public, aux futurs témoins de phénomènes. Comme vous le savez, plus rapidement l’information nous parvient, plus facilement nous pourrons l’étudier et trouver les informations nécessaires pour expliquer ou non le phénomène. Ceci passe par des animations publiques comme les soirées d’observation du ciel (astronomie) ou de participer à « la fête de la science ». Naturellement c’est de faire les enquêtes et les recherches des phénomènes qui nous sont signalés.

13. Votre association est très active, envisage-t-elle d’organiser prochainement des rencontres de grande ampleur comme à Chalons ? Et si non pourquoi ?

C’est effectivement un des projets de SPICA, naturellement ce n’est pas pour cette année. Cette proposition sera d’ailleurs l’un des projets qui sera présenté lors de notre assemblée générale. Il va de soit, que pour une telle manifestation, tous les membres d’une association sont nécessaires. Nous avons trouvé les « Rencontres de Chalons » formidables. Ces rencontres permettent aux ufologues de se rencontrer, de se connaître et s’est là que nous nous sommes rencontrés. Peut être aussi une manière d’avoir d’avantage d’échange inter groupements, et ceci au niveau international.

La proposition actuelle est pour 2008, mais il faudra voir si une année de préparation suffira.

Attendons la décision de notre assemblée générale, nous vous informerons dès que la décision sera prise.

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L’AUTEUR

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Pierre BEAKE et le Col de Vence

Pierre BEAKE et le Col de Vence

(UFOmania N°53 - Interview)

Depuis quand vous intéressez-vous à titre personnel à l’ufologie et à ses mystères en général ? Quel a été l’élément déclencheur ?

J’ai commencé à m’intéresser au sujet alors que j’étais encore adolescent. Plus précisément, tout a commencé pour moi en 1973 ; j’avais une quinzaine d’années. A l’époque j’habitais à Briançon, et c’est une rencontre avec M. Ego Busca, un enquêteur collaborant à la revue LDLN, qui m’a mis le pied à l’étrier. Il a joué à l’époque en quelque sorte le rôle de mentor pour moi, et c’est en sa compagnie que j’ai fait mes premières veillées dans les forts Vauban des environs. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, j’ai eu la chance d’observer des manifestations insolites dans le ciel pur des hautes Alpes dès ces premières sorties nocturnes. Dès lors, la passion pour les mystères du ciel n’allait plus me quitter.

J’ai très rapidement acquis une carte d’enquêteur pour LDLN et mis à profit une grande partie de mon temps libre pour participer à des investigations sur la région et continuer à me documenter. Les années suivantes de 1974 à 1978 ont été occupées à voyager sur les océans autour du monde, car à l’époque j’avais embarqué sur le paquebot Queen Elizabeth 2, dans le cadre d’un apprentissage professionnel. Ayant renoncé à la vie de marin à la fin de l’année 1978, j’ai regagné le domicile de mes parents qui s’étaient établis entre temps à Nice dans les Alpes maritimes. J’ai spontanément noué des liens d’amitiés avec quelques jeunes qui dans mon quartier étaient également passionnés par le phénomène OVNI. A la recherche d’un lieu approprié pour faire des veillées sur la région, nous avons rapidement jeté notre dévolu sur le col de Vence et ses paysages désertiques et énigmatiques. A l’été 1979, nous vivions nos premières expériences insolites sur le site. Depuis cette époque, je n’ai pas cessé de passer au crible le secteur et multiplier les veillées d’observations.

Vous passez régulièrement sur les plateaux TV (dernièrement à l’émission « Pièces à conviction » sur France 3 en juin 2007), vous êtes par conséquent avec votre équipe parmi les plus actifs dans le sud-est, pouvez-vous nous présenter vos différents secteurs d’activités ?

Pour l’essentiel nous concentrons nos activités sur l’étude des manifestations ayant pour cadre le col de Vence et ses environs immédiats. Ces cinq dernières années, nous avons également été amenés à nous intéresser au phénomène des Crop circles dont le sud de l’Angleterre concentre l’essentiel des manifestations (tout en restant vigilants à l’important parasitage lié aux réalisations humaines).

Afin de rendre compte de nos enquêtes et expériences sur le terrain, nous avons décidé à partir de l’année 2005 de monter l’association « ColdeVence.com » afin de mettre en ligne un site internet, et définir un cadre plus officiel pour développer divers autres projets multimédias, notamment des films documentaires.

Nous sommes également de temps à autre sollicités pour donner des conférences à l’invitation d’autres structures.

Selon vos propres termes, le col de Vence est une « zone d’anomalies permanentes ». Pensez-vous qu’il existe un lien de cause à effets entre les phénomènes observés et votre disponibilité à vous rendre rapidement sur le terrain, autrement dit, le phénomène (quel qu’il soit…) ne s’adapte-il pas à votre soif d’observation ou est-il présent de toutes les façons sur le site du col de Vence ?

Il y a assurément la permanence d’un phénomène insolite dans le secteur du col de Vence, et qui ne date pas d’hier, car on trouve des indices à cet égard qui remontent loin dans le passé.

D’un autre côté, avec le recul notamment de ces quinze dernières années, il est indubitable qu’il y a une forme de résonance entre ce phénomène et nous (et d’autres aussi).

Peut-être en raison de l’assiduité dont nous avons su faire preuve pour notre part (mais aussi d’autres facteurs qu’il reste à éclaircir), nous avons été confrontés de façon répétée tout au long de ces années à des manifestations très étranges et variées. Il est dès lors tentant d’y voir une forme d’interaction.

Il semble qu’une des composantes essentielles du phénomène s’incarne dans la dimension psychique. Ce qui est à l’origine de l’ensemble de ces manifestations, quel que cela puisse être au demeurant, paraît doté de la capacité à sonder les esprits, à tester les réactions des individus, parfois de façon très ciblée. En certaines circonstances, il peut même fonctionner comme une espèce de miroir, renvoyant en quelque sorte à la face des individus leurs croyances, mais aussi leurs doutes, leurs contradictions, leurs peurs aussi, comme pour mieux les abuser et les manipuler, et peut-être au final, tirer un certain parti des situations ainsi provoquées. En ce sens, on peut considérer que le phénomène s’adapte aux personnes auprès desquelles il a choisi de se manifester.

Ces points essentiels à nos yeux seront développés dans un livre à paraître courant de l’année 2008.

Il y avait au début des années 90 une dizaine d’associations ufologiques dans le sud-est comme le CEOF, Ovni-Présence, CERPA, Trait d’union…Pour ne citer que les plus connues. Combien en reste-t-il aujourd’hui ? Et quels sont vos rapports relationnels avec les autres groupements ?

Le milieu de l’ufologie est un microcosme. Les gens qui s’investissent concrètement ne sont pas très nombreux. Certains préfèrent la discrétion, ou travaillent en dehors de toute structure.

Pour notre part nous entretenons finalement assez peu de rapport avec les autres associations. Nous avons des échanges informels au travers d’un petit réseau d’amis ou connaissances. Ces dernières années nous avons plutôt développé des contacts avec des chercheurs étrangers, surtout par le biais d’Internet, ce qui s’est révélé un fort stimulant pour nous, et la poursuite de nos enquêtes.

Par ailleurs, le comportement même du phénomène, et son évolution dans le temps a pu aussi en décourager plus d’un. Cela peut d’ailleurs correspondre à une véritable stratégie de la part d’un phénomène profondément protéiforme et manipulateur, qui tel un caméléon, fait étalage d’une maîtrise totale dans l’art du camouflage, des faux-semblants, s’ingéniant en permanence à brouiller les cartes. Finalement il offre très peu de prise consistante à l’analyse avec les outils et les méthodologies classiques auxquels ont recours les hommes de sciences, d’où peut-être la réaction de rejet de la communauté scientifique dans sa grande majorité.

Comment expliquez-vous que mis à part le CERPA de Bernard Hugues, vous soyez les seuls à être encore présents dans l’actualité OVNI de votre secteur ?

Bernard Hugues est en effet très actif dans les bouches du Rhône notamment au travers de l’organisation des repas ufologiques de Marseille. Il a aussi été par le passé à l’initiative de différents évènements d’envergure (notamment des congrès aux quels ont participé des chercheurs de premiers plan sur la scène internationale). Il y a d’autres petits groupes qui travaillent sur le sujet ici et là. Il ne faut pas tout ramener à une question de visibilité médiatique. Par exemple, Jean-Noël Degain de son côté est aussi très actif dans le Var, avec son association GEESA. Il vient nous rendre visite de temps à autre sur le col de Vence pour des veillées en commun.

Pour le reste, il est vrai que la recherche en ufologie semble actuellement passer par une période de déclin, certainement en rapport avec une activité du phénomène globalement plus faible ou discrète ces dernières années. Cette situation n’est d’ailleurs pas spécifique à la France ; il n’y a qu’à considérer la récente dissolution de la SOBEPS en Belgique. De notre point de vue, il ne faut voir là que des circonstances conjoncturelles.

L’ufologie en question

Que manque-t-il selon vous à l’ufologie pour s’affirmer comme un sujet d’étude à part entière ?

Que la communauté scientifique hôte ses œillères, car c’est assurément un sujet d’étude à part entière, qui réclame un traitement pluridisciplinaire !

A propos des médias, y-a-t-il un réel intérêt pour les ufologues de participer à des émissions télévisuelles quand on sait que le sujet est toujours traité de façon superficielle ?

Plutôt que de laisser champ libre aux illuminés de tout poil, ou aux scientifiques qui nient tout en bloc, montrant soit une parfaite mauvaise foi, soit une ignorance crasse du dossier OVNIs, il apparaît nécessaire d’organiser un semblant de résistance, pour rendre compte des témoignages et du travail d’enquête qui peut être réalisé sur le terrain par des bénévoles dévoués et sincères.

Si ça doit passer par la participation à des émissions de télévision, avec les risques de bidouillage au montage, c’est un risque à assumer. L’idéal serait des émissions en direct, pour se prémunir de toute forme de censure ou de manipulation malhonnête de la part des journalistes prisonniers de leurs préjugés. Il semble que ce genre d’émission soit hélas devenu très rare dès que l’on touche à des sujets « sensibles »…

C’est ce qui nous a conduits pour notre part à financer sur nos propres deniers des films documentaires (même si, par ce canal, on ne peut prétendre à la même audience).

C’est toujours la même histoire, le pot de terre contre le pot de fer, mais on ne va tout de même pas rester les bras croisés !

Le CNES via le GEIPAN vient de mettre une grande partie de ses archives sur internet. Avez-vous foncièrement appris quelque chose de nouveau sur des cas méconnus ? Cela va-t-il vraiment changer la donne ?

Non, dans la mesure où les dossiers divulgués manquent dans l’ensemble singulièrement de précisions pour un organisme qui est censé faire un traitement en profondeur. Mais chacun sait que le GEIPAN, comme les différentes structures qui l’ont précédé (GEPAN, SEPRA), ne disposait pas de moyens suffisants, tant sur le plan humain, que financier. En dehors de quelques enquêtes plus approfondies, l’essentiel du travail s’est limité à du classement et quelques statistiques.

La mise en ligne d’une partie des dossiers du GEIPAN est en fait une opération de communication, un coup de publicité pour donner l’impression que les choses bougent, qu’il y a une volonté de clarté.

En fait cela ne va rien changer à la donne, c’est le statu quo.

Si le dossier OVNIs est vraiment étudié quelque part dans les instances officielles, ce n’est pas sous les auspices du CNES.

Espérons seulement que le rapport COMETA n’ait pas été lettre morte…

Pensez-vous que le public s’intéresse vraiment à la question ?

Oui certainement ! Et malheureusement en réponse à cette curiosité brûlante, les médias institutionnels français ne proposent pas d’émissions honnêtes et objectives (à la remarquable exception près de celle diffusée sur la chaîne Arte en 1995).

Pourquoi, plus de 50 ans après la vague de 1954, on a parfois le sentiment de tourner en rond ? Que retenez-vous des 50 dernières années de l’ufologie ?

S’il y a une chose peut-être à retenir, c’est que les certitudes de nos ainés sur le dossier se sont évanouies au fur et à mesure de ces nouvelles mises en scène ou « habillages » dont le phénomène a le secret. Il y a là dedans un côté profondément manipulateur. L’essence même du phénomène reste insaisissable.

A cet égard, on peut en effet avoir le désespérant sentiment de tourner en rond, et d’être leurrés par ce qui se cache derrière cet ensemble de phénomènes complexes.

Je reste néanmoins convaincu que les chercheurs qui se sont penchés sur les éléments du folklore et des légendes ancestrales ont mis le doigt sur quelque chose d’important, à savoir que le phénomène, quel qu’il puisse être, se manifeste dans la sphère humaine depuis des temps très reculés, bien antérieurs à la période moderne qui trouve son fait fondateur dans l’observation de Kenneth Arnold (pour ce qui est des médias tout du moins).

S’il y avait une explication pour expliquer à la fois les manifestations du col de Vence et l’origine des OVNIs, quelle pourrait-elle être ?

Joker ! (rires). Je ne veux pas pour autant prendre la tangente, mais je ne pourrai ici exprimer qu’un avis, une intuition, tout au plus une hypothèse parmi d’autres, en aucun cas une EXPLICATION !

Dans la mesure où la proposition que je pourrai être amené à faire susciterait chez vos lecteurs plus d’interrogations et perplexité que de clarification, je préfère pour l’instant m’abstenir. J’ai néanmoins suggéré en filigrane quelques pistes dans les réponses précédentes…

Le col de Vence

Quels sont les deux ou trois derniers cas que vous pouvez nous soumettre et qui restent à votre avis très troublants ?

Il ne m’est pas possible de développer dans le cadre de cet article, aussi je me limiterai à seulement évoquer trois facettes du phénomène tirées de l’actualité récente:

L’observation très spectaculaire d’une dame dans les environs de Vence (le témoignage a été rapporté sur notre site internet ainsi que dans le n° 386 de la revue LDLN). Assurément une RR2, et peut-être même une suspicion de RR3, tant l’indice d’étrangeté est grand. Il y a d’ailleurs eu des récidives à ce cas pour ce même témoin…

Les expériences de type « Poltergeist » auxquelles nous avons été confrontées dernièrement sur le col de Vence mais aussi en dehors (la « signature » du phénomène étant pour nous indéniable, celui-ci venant nous relancer en quelque sorte jusqu’à plusieurs centaines de kms pour ce qui concerne le dernier épisode en date, particulièrement spectaculaire par son intensité et sa durée).

Des synchronicités très étonnantes qui mêlent le recueil de témoignages extérieurs à notre groupe, et en même temps, des expériences ou manifestations insolites dont nous avons pu être les témoins privilégiés, comme si tous ces éléments étaient en fait intimement liés les uns aux autres, tel un vaste puzzle dont nous n’aurions qu’une vision fragmentaire…

Bien sûr tous ces éléments seront abordés en détail dans les projets documentaires actuellement en chantier.

Si diverses « anomalies » ont pu être filmées ou photographiées au col de Vence, quel pourcentage d’inexpliquées y-a-t-il au final ? Que se passe-t-il au col ?

Sur ce point les avis divergent fort, même au sein de notre propre groupe. Certains considèrent que tels ou tels documents (photographiques ou vidéos) ne cadrent avec aucune explication conventionnelle alors que d’autres veulent y voir des artéfacts ou des confusions.

Ce qui fait qu’au final, et en l’état actuel des choses, il est bien difficile d’estimer de façon pertinente un pourcentage de cas inexpliqué. Autrement dit, la proportion des inexpliqués peut varier fortement d’un individu à l’autre. Il faut s’efforcer à prendre du recul pour examiner les faits et les documents de façon dépassionnée, mais dans le même temps, ce serait biaiser que d’ignorer le contexte et les circonstances précises dans lesquelles ces documents ont été réalisés. La tâche est donc particulièrement ardue.

Quant à ce qui se passe au col de Vence, on peut énumérer des faits, rapporter des tas d’anecdotes, certaines parfois très déroutantes, mais quant à les expliquer, pour l’instant nous préférons laisser cela à d’autres. Ce qui ne nous empêche pas de spéculer, d’émettre entre nous des interprétations, des hypothèses. Nous ne développerons pas plus dans le cadre de cet article, car étayer les unes et les autres prendrait ici trop de place.

Quel travail ou projet ufologique occupe actuellement votre emploi du temps ?

Nous travaillons actuellement sur deux projets majeurs pour nous :

1/ Un second film documentaire (qui devrait être d’une durée d’un peu plus de 2h30), qui va faire suite à « Ufos & Crop circles » sorti en octobre 2005. Ce film est auto produit par l’association ColdeVence.com

Les recettes des ventes du premier film sont entièrement mobilisées pour financer la réalisation de ce second volet qui va traiter et développer des aspects non encore abordés autour des deux thématiques suivantes:

-  Les phénomènes insolites qui ont pour siège le col de Vence,

- Les traces dans les champs de blés (« crop circles »), avec à la clé de nombreuses interviews de spécialistes internationaux et de témoins (certains de ces entretiens sont des exclusivités).

Le DVD devrait être prêt dans le courant du premier semestre 2008.

2/ Un livre, abondamment illustré, qui sera la pierre angulaire de notre travail, et apportera de nombreuses nouvelles révélations sur les expériences qu’il nous a été donné de vivre tout au long de ces années ainsi que des mises en perspectives et réflexions sur le fond.

La publication du livre est également prévue pour le courant de l’année 2008, chez l’éditeur JMG (Jean-Michel Grandsire éditions).

Vous avez des compétences certaines notamment dans la réalisation de documentaires et reportages à caractère ufologique…D’autres associations comme vigie-ovnis 29 s’investissent dans l’élaboration de matériel de détection performant. Ne trouvez vous pas regrettable que chacun œuvre dans son coin alors que l’ufologie dispose à priori de tous les moyens nécessaires à son bon développement. Que vous inspire cette réflexion ?

C’est en effet un constat que nous pouvons partager. En France, l’esprit de clocher prévaut, et les petites rivalités mesquines empoisonnent encore trop souvent les rapports entre les uns et les autres. Parfois ce sont des avis tranchés sur la question qui nous occupe qui font obstacle à toute possibilité d’échanges, collaborations, montage de projets en commun entre différentes structures d’enquêtes, associations, groupements formels ou non.

Je ne considère pas qu’actuellement, tout du moins en France, l’ufologie dispose de tous les moyens nécessaires à son bon développement. Bien sûr ce n’est pas de la bonne volonté des uns ou des autres qui fait défaut (au niveau de la cheville ouvrière des groupements encore actifs sur le territoire national), mais plutôt des relais efficaces et assumés au grand jour dans la sphère scientifique, pour une contribution vraiment pluridisciplinaire, à un bon niveau. Bien sûr, ceci suppose que les médias institutionnels cessent de miser sur le sensationnalisme ou le dénigrement systématique, et fassent un écho objectif et factuel aux initiatives qui peuvent être prises ici ou là.

D’un autre côté, la recherche dans ce domaine, dont les contours restent encore très flous, souffre d’un travers peut-être rédhibitoire, celui de vouloir enfermer les phénomènes dans des rubriques hermétiques, cloisonnées les unes par rapport aux autres. Autrement dit, on est encore bien trop pollué par des à-priori ce qui amène souvent les « esprits forts » à statuer arbitrairement, et souvent à distance, sur la teneur d’un dossier, et l’intérêt qu’il mérite ou non.

Tant que cette situation perdurera, la recherche piétinera…

Aux lecteurs de UFOmania qui souhaiteraient se faire une idée du col de Vence, quelle est la meilleure période de l’année pour observer quelques chose ?

La question est plutôt savoureuse…Il n’y a pas de période privilégiée dans l’année pour observer quelque chose au col de Vence. Nous avons expérimenté pour notre part des évènements insolites tout au long de l’année, par tous les temps, de jour comme de nuit. Bien sûr la fréquence est très variable, il y a des moments où les phénomènes vont se faire plus nombreux, variés et spectaculaires, sans que l’on sache pourquoi et d’autres périodes, plus ou moins longues, où il ne va rien se passer de significatif, mais la vigilance doit rester intacte. Aucune saisonnalité ne se dégage donc. On en est réduit aux spéculations. Je peux en parler avec un certain recul, car je fréquente le col de Vence assidument depuis 1979…

S’il est dit quelque part que vous devez être un jour témoin de quelque chose, et bien il en sera ainsi, que cela soit au col de Vence ou ailleurs au demeurant.

Cela s’appelle le destin. Et il ne faut pas nécessairement voir en cette opportunité une chance, car beaucoup de gens peuvent s’en trouver fortement déstabilisés et perturbés. Ce sont rarement des évènements neutres. Nous avons connu dans notre propre entourage des cas de ce genre. Le message que je tiens à faire passer par dessus tout, avec mes amis, c’est que ce n’est pas un divertissement. Il ne faut pas voir dans le col de Vence une espèce d’UFOLAND, pour des gens en mal de sensations fortes.

Il est illusoire de penser qu’il suffit de se rendre sur les lieux pour être témoin de quelque chose d’insolite. Mais dans l’hypothèse où il se passerait quelque chose, la question est plutôt de savoir quelles sont vos motivations profondes, et si vous serez prêt à vivre des événements qui sortent du cadre conventionnel, avec toutes leurs implications potentielles (psychologiques, intellectuelles, physiques…) ?

Au-delà des enquêtes et des veillées que nous réalisons sur le terrain pour tenter de comprendre la nature et l’origine des phénomènes, ce qui nous importe aussi, c’est, modestement à notre niveau, d’amener nos concitoyens à s’interroger sur le monde qui nous entoure.

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L’AUTEUR

Pierre Beake

Coordonnées de l’association ColdeVence.com

Le siège de l’association est domicilié à mon adresse :

Le Brigantin n°2 – 39 avenue Aimé Martin 06200 Nice

Prix du DVD1 : 26 euros hors frais de port

Prix du DVD2 : 26 euros hors frais de port

Date de sortie : Courant 2008

Où le commander ?

Sur le site internet de l’association :http://www.coldevence.com, FNAC.

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Publié par JMG éditions « Le Temps Présent », il sera disponible en librairie dès le 20 juin prochain. Vous pouvez également le commander contre 29 euros (frais de port inclus) à :

JMG éditions

8, rue de la mare 80290 Agnières

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